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Corps hybrides aux frontières de l’humain au Moyen Âge (Louvain-la-Neuve)

il y a 3 heures 18 min
Corps hybrides aux frontières de l’humain au Moyen Âge Université catholique de Louvain, 19-20 Avril 2018 Dans la pensée médiévale, le corps humain fonctionne comme un miroir de l’univers et un modèle pour comprendre la nature, pour interpréter la Bible, pour renforcer les structures sociales et politiques. La déformation et la métamorphose du corps mettent en question cette fonction, surtout quand le corps franchit les frontières entre les différentes espèces et se contamine avec le non-humain, qu’il soit animal, végétal ou objet inanimé. A l’époque médiévale, la littérature, l’art et la science enjambaient la distance qui sépare l’humain et le non-humain au moyen de créatures hybrides, dont l’identité était marquée par l’ambivalence. Les monstres anthropomorphes, les peuples exotiques censés avoir des traits animaux ou végétaux, les figures humaines intégrant des armes ou d’autres objets dans leurs corps, les animaux ou les plantes portant des ressemblances inquiétantes avec les humains: autant de créations qui dessinaient une constellation de possibilités dans un continuum des êtres. Si la recherche sur la tératologie s’est parfois occupée de ces combinaisons d’humain et non-humain, les investigations se sont surtout concentrées sur les monstres en tant que représentation de l’altérité. Le temps est venu pour changer de perspective et pour considérer ces corps hybrides comme les produits d’une réflexion sur la possibilité (ou l’impossibilité) de penser l’être humain comme un être fluide et ouvert au non-humain. Les communications, de la durée d’environ 20 minutes, porteront sur des cas d’interférence du corps humain avec l’animal, le végétal et l’inanimé, et viseront à répondre à des questions telles que: Quelle est la fonction du corps hybride dans la relation à l’humain? Qu’est-ce qu’il enseigne au lecteur? Comment l’hybride s’inscrit-t-il dans la représentation de l’identité sociale, politique ou ethnique? Modalité de soumission Cet appel est ouvert aux chercheurs et chercheuses à tous les niveaux de leur carrière, dans les domaines de la littérature, de l’art, de l’histoire culturelle et de l’histoire des sciences du Moyen Âge. Les propositions consisteront en un titre et un résumé de communication d’environ 250 mots, et devront être envoyées à l’adresse antonella.sciancalepore@uclouvain.be avant le 31 décembre 2017 .

[agrégation] I. Cazalas,‎ C. Delesalle-Nancey,‎ J. Sarfati Lanter, Expériences de l'histoire

il y a 3 heures 49 min
Inès Cazalas,‎ Catherine Delesalle-Nancey,‎ Judith Sarfati Lanter, Expériences de l'histoire, poétiques de la mémoire Atlande, collection "Clefs Concours", 2017 300 p. ISBN-10: 2350304795 ; ISBN-13: 978-2350304793 NB : annoncée pour le 21 / 11 la parution est décalée à la première quinzaine de décembre Inès Cazalas est maître de conférences en littérature comparée à l'université Paris Diderot-Paris 7. Catherine Delesalle-Nancey est professeur à l'université Jean Moulin-Lyon 3. Judith Sarfati Lanter est maître de conférences en littérature comparée à l'université Paris Sorbonne. Sommaire, maj le 21/11/2017 Introduction REPÈRES et analyses Conrad, Au cœur des ténèbres Repères Une vie dans l’histoire La Pologne: déchirements de l’Histoire et de l’histoire La mer: entre aventure et exil Parcours esthétique: un écrivain cosmopolite L’aventure de l’écriture La langue Des influences multiples Homo duplex Analyses Un roman autobiographique? Le Congo: ligne de partage entre expérience de l’histoire et poétique de la mémoire L’invention de Marlow Les ambivalences du roman Roman raciste ou post-colonialiste? Roman victorien ou moderniste? Un roman inexhaustible Le champ foisonnant des interprétations Une postérité assurée Simon, L’Acacia Repères Une vie dans l’histoire Un parcours esthétique Les premières œuvres Claude Simon et le «Nouveau roman»: convergences et malentendus Les œuvres de synthèse Une matière autobiographique mise à distance Documents et archives Un «vécu écrit» Une mémoire mouvante Un «je» absent Analyses La composition du récit Le désordonnancement chronologique Les destinées parentales Le parcours du «fils» Contrastes et correspondances Une approche critique de l’Histoire Temps cyclique et temps linéaire Le refus du déterminisme historique Les constructions mythiques de l’Histoire Un roman de formation paradoxale Lobo Antunes, Le Cul de Judas Repères Contexte historique Le Portugal salazariste (1933-1974): un pays sous la chape de plomb dictatoriale Une croisade continentale doublée d’une croisade ultramarine Le Portugal en Afrique: de l’expansion maritime à la fin de l’empire colonial La Révolution du 25 avril 1974: nouveau mythe de la nation portugaise? António Lobo Antunes: une grande figure de la littérature portugaise contemporaine La création littéraire au Portugal L’itinéraire d’un fils de la haute société portugaise marqué par la guerre coloniale Une œuvre puissante Les premiers romans: une trilogie autobiographique pour arpenter l’enfer Les romans des années 1980 et 1990: des épopées critiques qui réfractent l’histoire du Portugal Les romans depuis les années 2000: des sommes poétiques qui font entendre l’âpre condition humaine Les chroniques: l’accompagnement désinvolte et fécond de la création romanesque Analyses La composition du récit: entre unité et complexité L’unité spatiotemporelle d’une nuit lisboète Lignes et spirales d’une trajectoire infernale en Angola Os Cus de Judas : un titre dont la polysémie innerve tout le roman La subversion de l’ordre chronologique et le choix d’autres agencements Une poétique de la connexion et de la coupure Une poétique de la répétition Une poétique de l’analogie L’histoire portugaise démythifiée Une verve satirique Renversements parodiques Une veine pamphlétaire Le Cul de Judas: un roman d’apprentissage paradoxal La guerre comme initiation à une réalité nouvelle de la mort La guerre comme régression sexuelle La guerre comme initiation politique et littéraire THÉMatiques La critique de l’historiographie officielle Conrad: Au cœur des ténèbres La barbarie ordinaire La barbarie extraordinaire: Kurtz, “‘un génie universel’” (p.127) Le vide du discours Simon: L’Acacia Une histoire édifiante de la Troisième République L’expérience anti-héroïque des soldats La satire du pouvoir militaire La liquidation des symboles patriotiques Lobo Antunes: Le Cul de Judas Les icônes mortifères de la dictature salazariste Une autre histoire de la guerre d’Angola La délégitimation de la mission coloniale Une radiographie critique du Portugal démocratique Corps, violence et sensualité Conrad: Au cœur des ténèbres La réalité des corps De la consommation à la dévoration La perception impossible Simon: L’Acacia Le retour à l’élémentaire La transformation physique des soldats Le primat de la sensation Animalisation, réification, abjection Érotisme et sexualité Lobo Antunes: Le Cul de Judas Une écriture organique de la guerre Une esthétique de l’obscénité La mémoire de l’expérience traumatique La représentation de la sexualité: la dialectique plurielle d’Eros et de Thanatos Les relations entre hommes et femmes: chroniques d’une bataille La sexualité célébrée par un lyrisme érotique Le fantasme du regressus ad uterum Temps historique et temps mythique Conrad: Au cœur des ténèbres Les dangers du mythe et de l’histoire La défaite du mythe et de la parabole Simon: L’Acacia Le refus du telos Temps apocalyptique, temps mythique La figure grinçante de Chronos Civilisation et barbarie Lobo Antunes: Le Cul de Judas La répétition de la violence comme néantisation des récits téléologiques de l’histoire Mythe angolais, mythe primitif? Le temps de l’enfance: un mythe lucide et poétique Voix, phrasé, rythme Conrad: Au cœur des ténèbres Un théâtre de voix Le cri Une voix bordée de silence Ouverture à l’autre Simon: L’Acacia La complexité du dispositif énonciatif L’invention d’une langue: la phrase de Claude Simon Lobo Antunes: Le Cul de Judas Un monologue qui interdit le dialogue Un monologue qui bruisse de voix tues et de silences éloquents Des phrasés qui subvertissent le cadre normatif de la phrase Réinvention du récit Conrad: Au cœur des ténèbres L’aporie de la représentation: le leurre de la coque Halo vaporeux et illumination spectrale La crise de l’autorité Simon: L’Acacia Dérives des souvenirs et constructions analogiques Le rôle des cartes postales Vision télescopique et effet d’image Modèle pictural et esthétique du détail Lobo Antunes: Le Cul de Judas Une narration entre fragmentation et entrelacement Une narration instable et inachevable Mémoire textuelle, mémoire culturelle Conrad: Au cœur des ténèbres Le roman de la mer Le roman d’aventures Symbolisme et impressionnisme Simon: L’Acacia Une perception culturalisée La description d’images Une autobiographie de l’écriture Le roman“traditionnel” et la modernité Le roman d’apprentissage Épopée et récits de guerre Lobo Antunes: Le Cul de Judas Critique et sauvetage de la culture Une inscription distanciée dans la tradition littéraire portugaise Références picturales et transfiguration poétique Intermédialité et subversion des hiérarchies symboliques Communauté et altérité Conrad: Au cœur des ténèbres “L’un des nôtres” Rencontre avec l’altérité Le mensonge: compromis ou compromission? La posture testimoniale: mentir vrai Simon: L’Acacia Les clivages sociaux et le mythe de l’union nationale La guerre comme processus d’exclusion La représentation des colonisés Les femmes, entre ordre et asservissement Lobo Antunes: Le Cul de Judas L’exclusion de la communauté nationale et l’illusion de la communauté guerrière Portraits d’Angolais: une altérité à la fois médiatisée et insaisissable La représentation du Portugal: déconstruire la grande nation, écrire le petit pays synthèse Écrire la violence de l’histoire Les formes de la violence Violence physique et corps agonisants «death in life»: l’agonie comme trouble de la frontière entre la vie et la mort Une atmosphère romanesque gagnée par la mort Le repli fantasmatique de la mort sur l’origine Violence symbolique et représentations déshumanisantes Violence symbolique et classe sociale Violence symbolique et système colonial L’origine de la violence Le passage à l’acte La passivité des acteurs de l’Histoire L’énigme de la «retenue» Barbarie et «civilisation» Logique coloniale et logique guerrière Défaire la rhétorique coloniale et la rhétorique guerrière Remettre en question les binarismes de la langue Les modèles littéraires de la rhétorique coloniale et guerrière Apories et relances du témoignage La crise de l’expérience Poétiques de la voix Le ressassement ou l’impossible synthèse du récit Pouvoirs de la littérature: éthique et poétique du commun La critique de la logique sacrificielle constitutive du mythe de la civilisation Le sacrifice colonial: fétiches, idoles et suppliciés Le sacrifice guerrier: bêtes, bannis et barbares Mobilisations Relégations Dislocations Dynamiques cathartiques: la transcription de mémoires individuelles et collectives Hériter des spectres Transmettre les mémoires parcellaires de morts indignes Raconter l’apprentissage de l’écrivain Poétiques alternatives de la communauté L’écriture du sensible: figurer de nouveaux sujets de l’histoire L’invention de réseaux analogiques: redessiner l’imaginaire de la communauté BIBLIOGRAPHIE

P. Bourdieu, Anthropologie économique. Cours au Collège de France 1992-1993

il y a 4 heures 34 min
Anthropologie économique Cours au Collège de France 1992-1993 Pierre Bourdieu Seuil/Raisons d'agir Date de parution 02/11/2017 352 p. — EAN 9782021375961 La révolution qui conduit de l’économie du don caractéristique de la plupart des sociétés précapitalistes à l’économie du donnant-donnant des sociétés modernes s’est-elle étendue à tous les domaines de l’existence, comme le supposent tacitement ceux qui prétendent appliquer à toutes les pratiques le modèle de l’arbitrage entre coûts et intérêts (à l’éducation ou encore au mariage, par exemple, conçu comme échange économique de services de production et de reproduction) ? Et s’est-elle réalisée complètement au sein même de la sphère la plus strictement fondée sur la tautologie constituante « business is business» ? Dégageant les présupposés de l’anthropologie imaginaire propre à la théorie économique dans sa définition dominante, Pierre Bourdieu pose ici l’exigence d’une autre théorie, qui rompt avec l’idée de choix individuels libres de toute contrainte et substitue à la notion de marché pur et parfait celle de champ économique structuré par des rapports de force et des luttes symboliques. Il montre ainsi que, sans faire appel à la conscience calculatrice parfaitement lucide de l’homo œconomicus, ou à la logique de la « rationalité limitée », l’on peut rendre compte du caractère « raisonnable » de la majorité des conduites économiques par l’ajustement des espérances subjectives aux chances objectives.

Hamilton Junior Research Fellowship in French (Queen's College, Oxford)

il y a 5 heures 12 min
The Queen's College, University of Oxford HAMILTON JUNIOR RESEARCH FELLOWSHIP IN FRENCH The Governing Body proposes to elect to a Junior Research Fellowship in French tenable for three years from 1st October 2018. The Fellow will be offered an affiliation with the Sub-Faculty of French within the Faculty of Medieval and Modern Languages. The basic salary of the Fellowship, which is pensionable under the Universities Superannuation Scheme, is £31,604 per annum. The Fellow will be a member of the Senior Common Room and be entitled to free meals in College along with a research allowance of £1,500 per annum. Candidates should hold a doctorate in French or a closely-related field, or be close to completing such a doctorate. Eligible candidates should have no more than three years of post-doctoral research experience by the closing date. Candidates should submit an electronic copy of their application to The Academic Administrator, The Queen’s College, Oxford, OX1 4 AW (joyce.millar@queens.ox.ac.uk), no later than noon, Monday 15th January 2018. Further particulars and the necessary forms are available at https://www.queens.ox.ac.uk/hamilton-junior-research-fellowship-french The College is an Equal Opportunities Employer.

Cinq conférences sur le programme d'Agrégation 2018 (Univ. de Bourgogne)

il y a 6 heures 13 min
Référence bibliographique : Cinq conférences sur le programme d'Agrégation 2018 (Univ. de Bourgogne), , 2017. DEMI-JOURNÉE D'ÉTUDES SUR LE PROGRAMME D'AGRÉGATION DE LETTRES MODERNES CES CONFÉRENCES ENREGISTRÉES LE 26 OCTOBRE 2017 PEUVENT ÊTRE REGARDÉES ET ÉCOUTÉES GRÂCE AU FOAD DE L'UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE Les textes du programme dans l’histoire — Jean-Jacques Tatin-Gourier (université de Tours): «André Chénier, de l'Hymne à la justice (ou Hymne à la France) (1787) aux Iambes : la cohérence d'une vision politique» — Nicolas le Cadet (université de Paris Est – Val de Marne): «Rabelais architecte vs Rabelais discontinu : la structure de Gargantua ». — Liouba Bischoff-Kompanietz (Université Lyon III - Université de Lausanne): «L'instant et l'immémorial : l'écriture en diptyque de Nicolas Bouvier». — Anne Piéjus (CNRS): «De l’opéra à la tragédie, Esther et Athalie ». — Alison Boulanger (université de Lille 3): «Expérience de l’histoire, poétique de la mémoire» (sur le programme de comparée)

Éthiques pour un monde meilleur (Tours)

il y a 6 heures 40 min
Le Centre d’Études Supérieures de la Littérature, en Touraine, lance un appel à communication pour un colloque portant sur «Éthiques pour un monde meilleur». À une époque où le monde vit aussi bien le meilleur avec les excès en tous genres engendrant conséquemment le pire, ponctué par les problèmes climatiques, migratoires, terroristes, liberticides et fratricides, ce thème vise à chercher l’existence de réponses aux principales questions concernant l’avenir pour l’humanité et le monde dans tous les domaines du savoir. La sphère médicale est sans doute l’exemple le plus évident en termes d’avancées porteuses d’espoir, de confiance, d’audace, d’exigence, de volonté, de création, d’innovation, de conscience. Cependant les domaines philosophiques, historiques, politiques, littéraires, etc. , ne doivent pas être mis de côté puisque toutes les disciplines forment les fondements d’une société équilibrée, forte, solide, efficace, clairvoyante, bienveillante, juste, responsable, exigeante, audacieuse, volontaire, si tant est que l’orientation choisie soit celle d’une construction et non d’une destruction. Il est donc possible de se pencher sur des solutions, des propositions, des réflexions, des conseils innovants, respectueux et avant-gardistes qu’auraient proposés ou envisagés les écrivains, les artistes, les penseurs, les scientifiques des temps passés. Dans un ancrage plus actuel, elles peuvent également traiter des questions majeures préoccupantes encore irrésolues. L’enjeu est de proposer une vision d’un monde à venir, porteuse de sens éthiques, éloignée des intérêts personnels, dans un commun esprit de rassemblement et de mutualisation des compétences et des savoirs, en faveur du bien commun. Rêver le futur est un idéal qui ne peut plus se permettre de rester un rêve à l’heure où les maux surviennent parfois plus rapidement que les remèdes. Une réflexion fondamentale est ainsi mise en route, basée sur des principes moraux viables, en phase, entre autres, avec les concepts de conscience politique, d’anthropologie, de biodiversité, de géopoétique, d’animalité que le passé plus ou moins récent lègue. Tous les champs de la connaissance et les thématiques sont convoqués: géographie, écologie, histoire, économie, philosophie, biologie, théologie, littérature, art, droit, astrophysique, politique, éducation, chimie, architecture, médecine, sport, armée, société, etc . L’enjeu utopique, progressiste et, qui sait, positif, réside dans l’apport de propositions novatrices concrètes et plausibles dans leurs applications, quitte à montrer que revenir en arrière est aussi parfois une avancée. Le colloque international se déroulera du jeudi 24 au samedi 26 janvier 2019 à la salle de conférences de la Médiathèque de La Riche, Place du Maréchal Leclerc, 37520 La Riche (près de Tours). Il rassemblera des spécialistes et généralistes du monde entier qui analyseront le thème. Il s’articule autour d’un contexte mono-, pluri-, inter- et transdisciplinaire. La publication des actes du colloque est prévue. La langue officielle de travail est le français. Néanmoins, dans le cadre d’une volonté d’élargissement linguistique, toute personne parlant une autre langue pourra participer au colloque où, dans la mesure du possible, des traductions simultanées sont prévues. Date d'envoi des propositions : 31 août 2018. À : fredericgaeltheuriau@orange.fr et cesl-2010@orange.fr

Revue Silène : "Le Lettré : définitions et enjeux" (A. Minzetanu et W. Marx, dir.)

il y a 8 heures 22 min
Référence bibliographique : Revue Silène, Centre de recherches en littérature et poétique comparées, 2017. EAN13 : ISSN21052816. Le Lettré : définitions et enjeux Actes du colloque organisé à l'université Paris Nanterre le 27 janvier 2017, sous la direction d'Andrei Minzetanu et William Marx. • Introduction • Le lettré comme problème - William Marx • Linéaments de la figure du letrado dans la Castille du XV e siècle - Mélanie Jecker • Le lettré 1900 : une figure individualiste ? - Alexandre de Vitry • La grammaire sur le bout de la langue. Pascal QUIGNARD : Un lettré à la lettre - Mathieu Messager • La Bibliothèque de l’exil : portrait de B. Brecht en lettré (chinois) - Florian Mahot Boudias • Une catégorie éthique de l’entendement lettré : le concept de désintéressement - Gisèle Sapiro • La lecture lettrée - Andrei Minzetanu • L'auteur, c'est l'autre ou la question d'Esther - Déborah Lévy-Bertherat • Le Lettré : définitions et enjeux. Table ronde avec Belinda Cannone, Christophe Pradeau et Andrei Minzetanu - Belinda Cannone, Christophe Pradeau et Andrei Minzetanu

H. Pinter, Le Gardien (éd. M. Corvin, Folio)

il y a 8 heures 28 min
HAROLD PINTER Le Gardien [The Caretaker] Première parution en 2006 Trad. de l'anglais par Philippe Djian. Édition de Michel Corvin Traduction nouvelle Collection Folio théâtre (n°180), Gallimard 240 p. — Achevé d'imprimer : 27-10-2017 ISBN : 9782070465408 DAVIES : Si seulement je pouvais descendre à Sidcup ! J’attends que la météo s’arrange. Il a mes papiers, le gars à qui je les ai laissés, c’est tout noir sur blanc, je peux tout prouver. […] ASTON : Vous pourriez… être gardien ici, si ça vous dit… DAVIES : Quoi ? ASTON : Vous pourriez… vous occuper de la maison, si ça vous dit… vous savez, les escaliers, l’étage, l’entrée, surveiller tout ça. Astiquer les sonnettes. […] DAVIES : Ma foi, je… j’ai encore jamais fait de gardiennage, vous savez… j’entends… j’ai jamais… ce que je veux dire… j’ai encore jamais été gardien.

Huysmanns, La Cathédrale (éd. C. Millet-Gérard, Folio)

il y a 8 heures 31 min
JORIS-KARL HUYSMANS La Cathédrale Édition de Dominique Millet-Gérard. Illustrations de Charles Jouas Collection Folio classique (n°6397), Gallimard 656 p. — ISBN : 9782070457908 Noël 1893. Huysmans découvre la cathédrale de Chartres : c’est un éblouissement. Il retranscrit son expérience dans ce livre foisonnant, à la fois roman d’apprentissage, ouvrge d’érudition et livre d’art. Pour l’auteur, la cathédrale reproduit dans son corps de pierre les merveilles de la nature et offre un concentré de leur signification. Elle est une encyclopédie de l’histoire sainte, de la création entière. Huysmans rappelle ici l’ampleur universelle de la culture chrétienne, en réunissant l’art et et la foi, la foi et l’intelligence, la beauté et la vérité. Il fait de la cathédrale-monument un immense poème en prose : un roman d’âme.

Intermédialités/Intermedialities , n° 33 : "Restituer le temps/rendering time"

il y a 8 heures 54 min
Restituer (le temps) Les impacts des médias de masse ont été explorés suivant une grande diversité de perspectives depuis leur apparition. Plus spécifiquement, la trace laissée dans nos cerveaux par les techniques de captation et de diffusion audiovisuelles est un domaine qui passionne autant les journalistes, les neuroscientifiques et les sociologues que les philosophes. Dans ses Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps (1928), Edmund Husserl considère que notre connaissance des choses relève de notre capacité à faire coexister plusieurs dimensions mémorielles, qu’il s’agisse des traces mnésiques et inconscientes de nos perceptions qui orientent notre aperception (moment vécu), ou de nos souvenirs consciemment sollicités qui leur conservent leur unité dans le temps. Husserl différencie en effet les rétentions primaires , générées par tout acte de conscience, des rétentions secondaires , que notre conscience vise dans le rappel du passé. Dans La technique et le temps (vol. 3, 2001), Stiegler insiste sur les rétentions tertiaires spécifiques que sont les « objets temporels » et leur attribue le pouvoir de changer nos capacités mémorielles. Ainsi, différentes théories (Ginsburg, 2002; Wills, 2008; Besnier, 2009) tentent d’appréhender l’incidence qu’ont les objets temporels sur les manières dont nous sélectionnons parmi nos rétentions primaires des éléments afin de nous constituer une mémoire (rétention secondaire), mais également leur influence sur l’ensemble des critères de sélection ( horizon d’attente , Jauss, 1969). Afin de questionner l’effet des technologies d’enregistrement et de stockage sur nos structures culturelles et cognitives, il nous semble donc pertinent de développer de nouvelles approches qui se situent au carrefour de disciplines déjà établies : l’étude clinique des pathologies mémorielles, l’observation des comportements des usagers, l’analyse des œuvres traversées par ces questions, l’enquête sur les développements numériques, etc. Ce numéro de la revue Intermédialités réunira des textes portant sur les diverses formes d’influence des rétentions tertiaires, d’origine analogique ou numérique, sur notre mémoire, nos modes de perception et nos structures culturelles. Vous trouverez ci-dessous quelques pistes qui sont une invitation à considérer tout autant la singularité des objets temporels, malgré l’identité de leur support technique, que les différences contextuelles d’ordre culturel, économique et politique, comme les interactions entre différents régimes technomédiatiques : – Description des différents types de matérialités, d’institutions et de techniques impliquées dans la production des objets temporels et leur circulation, suivant une approche historique (histoire de la culture matérielle, anthropologie culturelle, archéologie des médias, etc.) ou institutionnelle permettant de rendre compte de leur accessibilité, de leur usage et de leur intégration dans les processus de mémorisation. – Exploration de l’influence de l’enregistrement audio ou visuel sur les pratiques artistiques ou culturelles : les nouveaux enjeux esthétiques hérités de la sphère audiovisuelle; les nouvelles modalités de réception d’une œuvre à travers des dispositifs mixtes faisant coexister support fixe et performance en direct; etc. – Étude de la modification de nos flux de conscience par des modes de diffusion électriques (analogique ou numérique) des textes, sons et images : l’influence d’une œuvre audiovisuelle sur notre perception des choses, altérant un souvenir ou construisant un nouveau point de vue (cliché, prise de conscience, etc.); l’impact de la programmation (site Web, application, algorithme, etc.) sur nos conceptions spatiotemporels; etc. – Pas de mémoire sans émotions ou sans affects associés à nos perceptions et à nos représentations, pas de mémoire sans émotions ou affects ravivés : ces émotions et affects objectivés et incorporés dans les objets temporels enregistrés, et associés aux rétentions tertiaires, transforment-ils l’ensemble des processus mémoriels impliqués dans un moment vécu, comme notre capacité à nous émouvoir ? Bibliographie David Barison et Daniel Ross, The Ister (2004, 189’). Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains , Paris, Hachette, 2009. Faye Ginsburg, Lila Abu-Lughod et Brian Larkin (dir.), Media Worlds: Anthropology on New Terrain , Berkeley, University of California Press, 2002. Edmund Husserl, Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps [1928], Paris, PUF, 1996. Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception [1977], Paris, Gallimard, 1978. Bernard Stiegler, La technique et le temps , Paris, Galilée, 1994-2001. David Wills, Dorsality: Thinking Back through Technology and Politics , Minneapolis, University of Minnesota Press, 2008. Paul Zumthor, « Oralité », Intermédialités , n° 12, automne 2008. Date de soumission des propositions : 5 janvier 2018 Annonce des résultats de la sélection des propositions : 20 janvier 2018 Soumission des textes complets aux fins d’évaluation : 30 juin 2018 Publication des textes retenus par le comité de rédaction : mars 2019 Intermédialités est une revue scientifique semestrielle qui publie en français et en anglais des articles évalués de façon anonyme par les pairs. Les propositions de contribution (700 mots max.) pourront être écrites en anglais ou en français. Elles devront être envoyées à l’adresse suivante : restituerletemps@gmail.com . Les articles définitifs devront avoisiner les 6000 mots (40 000 caractères, espaces comprises) et pourront comporter des illustrations (sonores, visuelles, fixes ou animées), dont l’auteur de l’article aura pris soin d’obtenir les droits de publication. Il est demandé aux auteurs d’adopter les normes du protocole de rédaction de la revue disponible à l’adresse suivante : http://intermedialites.com/wp-content/uploads/2016/01/Protocole-de-rédaction-Intermedialites-mai- 2017-FR.pdf Pour de plus amples informations sur la revue, consultez son site Web : http://intermedialites.com . Rendering (time) Since their invention, forms of media have attracted a range of different analytical approaches. One of the more prominent areas of interest to journalists, sociologists, neuroscientists, and philosophers alike has been a concern about the ways audiovisual recording and broadcasting techniques imprint messages and ideas onto the brain. In Lessons for a Phenomenology of the Intimate Consciousness of Time (1928), Edmund Husserl considers that our knowledge of things comes from our ability to bring together several memory dimensions, be they mnemic and unconscious traces of our perceptions that orient our apprehension (moment lived), or our consciously solicited memories that preserve their unity in time. Husserl differentiates the primary retentions generated by any act of consciousness from those that our consciousness targets as a reminder of the past (secondary retention). In Technics and Time (2001, v. 3), Bernard Stiegler emphasizes the specific tertiary retentions that are “temporal objects” and ascribes them with the power to change our memory capabilities. There are, as a result, a number of different theories (Ginsburg, 2002; Wills, 2008; Besnier, 2009) that attempt to understand the impact of temporal objects on the ways in which we make a selection among our primary retentions in order to constitute a memory (secondary retention), but also to understand the influence of temporal objects on the set of selection criteria that we use (we can think of the notion of “wanting horizon” in the work of Jauss, 1969). It therefore is necessary to develop new approaches that question the influence of recording and storage technologies on our cultural and cognitive structures by engaging with theories from a number of established disciplines: the clinical study of memory pathologies, the observation of user behaviour, and an analysis of the works covered by these questions. This effort must also consider the developments brought forth by digital technologies. This issue of the journal Intermédialités/Intermediality will bring together texts on the various impacts that forms of tertiary retention have upon our memory, our modes of perception, and our cultural structures. Our aim is to critically challenge attempts that seek to homogenize media as being all and the same and to develop a common conceptual vocabulary. You will find below some “jumping off points,” which serve as an invitation to consider the singularity of the temporal objects in spite of their technical supports; the contextual differences of cultural, economic, and political order; and the interactions between different media forms. These include: - Descriptions of the different types of materialities, institutions, and techniques involved in the production and circulation of temporal objects. We are interested in the work of scholars who take a wide range of approaches, including historical accounts (of material culture, cultural anthropology, media archeology) or institutional studies that cover matters of accessibility, usage, and integration in the process of memorization. - Explorations of the influence of audio and/or visual recording on artistic or cultural practices. We are interested in studies that outline new aesthetic concerns inherited from the audiovisual sphere and which discuss new modalities of reception that arise from the intersection of technologies and live performances made possible by new devices. - Studies that reflect on the ways in which the distribution of texts, sounds, and images impacts our flows of consciousness or that speculate about the influence of audiovisual work on our perception of things, possibly altering memory or constructing new points of view (cliché, awareness, etc.). - Assessments of the impact of programs (websites, applications, algorithms, etc.) on our spatio- temporal conceptions. - Considerations of: no memory without emotions or affects associated with our perceptions and our representations; no memory without emotions or rekindled affects. Do the objectified emotions and affects that are incorporated in recorded temporal objects and associated with tertiary retentions, transform the memory processes involved in a lived moment, like our ability to be stirred by emotions? Bibliography David Barison & Daniel Ross, The Ister (2004, 189’). Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains , Paris, Hachette, 2009. Faye Ginsburg, Lila Abu-Lughod & Brian Larkin (eds), Media Worlds: Anthropology on New Terrain , Berkeley, University of California Press, 2002. Edmund Husserl, The phenomenology of internal time-consciousness [1928], Bloomington, Indiana University Press, 1964. Hans Robert Jauss, Toward an aesthetic of reception [1977], Minneapolis, University of Minnesota Press, 1982. Bernard Stiegler, Technics and time [1994-2001], Stanford, Stanford University Press, 1998-2009. David Wills, Dorsality: Thinking Back through Technology and Politics , Minneapolis, University of Minnesota Press, 2008. Paul Zumthor, « Oralité », Intermédialités , n° 12, Fall 2008. Deadline for submitting a proposal: January 5, 2018 Announcement of proposal selection results: January 20, 2018 Submission of completed texts for peer review: June 30, 2018 Publication of the texts approved by the editorial board: March 2019 Intermédialités/Intermediality is a biannual journal, which publishes articles in French and English evaluated through a blind peer review process. Proposals (max. 700 words) in English or French should be sent to the following email: restituerletemps@gmail.com . Final submissions should be no longer than 6,000 words (40,000 characters, including spaces) and can incorporate illustrations (audio, visual, still or animated) whose publication rights should be secured by the authors. Authors are requested to follow the submission guidelines available at: http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/intermedialites/submission-guidelines.pdf For more information on Intermédialités/Intermedialities , see our website: http://intermedialites.com.

W. Bohn, Reading Apollinaire's Calligrammes

il y a 8 heures 55 min
Référence bibliographique : Willard Bohn, Reading Apollinaire's Calligrammes , Bloomsbury, collection "Bloomsbury Academic", 2017. EAN13 : 9781501338311. Ce livre s'occupe du deuxieme grand recueil poetique d'Apollinaire. Ecrits entre 1913et 1918, les dix-neuf poemes examines ici tombent dans deux groupes principaux: poesie experimentale et poesie de guerre. Entre autres choses, ils fournissent plusieursapercus de l'histoire personnelle du poete, passant de son amour pour Louise de Coligny-Chatillon jusqu'a sesfiancaillesavec Madeleine Pages et son mariage eventuel avec Jacqueline Kolb. Chaque section considere toutes les etudes preexistantes, fournit une analyse detaillee et, souvent, presente une nouvelle interpretation. Chaque poeme est sujetea une analyse minutieuse a la lumiere de notreconnaissance courante. Table of contents List of Illustrations Acknowledgments Introduction 1. Revolution and Renewal 2. Simultaneous Exercises 3. Miraculous Encounters 4. Visual Poetry 5. The War Poetry 6. More War Poetry 7. Order and Adventure Conclusion Bibliography Index Reviews “Willard Bohn has produced a monumental work of exegesis. This volume, a close study of nineteen key poems in chronological order, elucidates in a line-by-line analysis the complexities and nuances of these poems. Drawing on his vast erudition, Willard Bohn, a leading American scholar of Apollinaire's life and artistic career, coordinates, integrates and maps-without scholarly jargon-all the previous studies of Calligrammes within a larger panoramic vision of the artist, his world and modernist vision. Bohn's readings provide a “cutting edge” understanding of Apollinaire's poetic accomplishment, his poetic innovations, visual poetry, collage poems, use of simultaneity and cubistic perspectives, indeterminacy and desired ambiguity. Bohn restores Apollinaire's major and final masterpiece, Calligrammes , to its rightful place as a key document in the history of Western poetry of the twentieth century and still affecting us today in the postmodern era.”– Seth L. Wolitz, Professor Emeritus of French and Comparative Literature, University of Texas at Austin, USA “Willard Bohn here presents his own enlightened and original readings of nineteen poems selected from Guillaume Apollinaire's Calligrammes , constantly testing his views and interpretations against those offered by scores of other critics, past and present. The result is an international, polyphonic and polyfocal appreciation of an essential group of astonishing texts that together form a cornerstone of European modernism.”– Peter Read, Professor of Modern French Literature and Visual Arts, University of Kent, Canterbury, UK

Les poétiques et éthiques du « vivre avec »: Productions féministes canadiennes, autochtones et québécoises de nos jours

jeu, 11/23/2017 - 15:49
Les poétiques et éthiques du « vivre avec »: Productions féministes autochtones, canadiennes et québécoises de nos jours (la version en anglais suit The Poetics and Ethics of “Living With”: Indigenous, Canadian and Québécois Feminist Production Today ) Les poétiques et éthiques du « vivre avec »: Productions féministes canadiennes, autochtones et québécoises de nos jours The Poetics and Ethics of “Living With”: Canadian, Indigenous, and Québécois Feminist Production Today PARTIE I - Banff Centre, Alberta (Canada) 11-14 octobre 2018 PARTIE II – Université norvégienne des sciences et de technologie, Trondheim (Norvège) Automne 2019 To see is to enter, to be visited. To cross the threshold. And to be transformed… – Marjorie Beaucage, “Aboriginal Voices: Entitlement through Storytelling” And so now she owed him things and had to take care of him forever. He did not have to worry about ever being alone again. – Heather O’Neill, Daydreams of Angels À ce moment, l’humanité se trouvera placée devant un choix : soit continuer sur le chemin de la croissance illimitée, du matérialisme, de l’exploitation des ressources humaines et naturelles, soit prendre le chemin de la spiritualité (car tout humain a un esprit), retrouver sa relation originelle avec la nature et honorer à nouveau les femmes de son clan afin de perpétuer les traditions, les peuples et, finalement, l’humanité. Le grand réveil. – Natasha Kanapé Fontaine, Kuei, je te salue Conférences d’honneur :Kim Anderson, University of GuelphAlexandre Baril, Université d’OttawaNaïma Hamrouni, Université du Québec à Trois-RivièresCheryl Suzack, University of Toronto Panel d’auteur.e.s (à déterminer) Des événements historiques et politiques tels que la Commission et le Rapport de la vérité et de la réconciliation du Canada, les mouvements Idle No More et Black Lives Matter , le décret anti-immigration de Donald Trump, les crises de réfugiées qui sont en cours, les récentes controverses entourant l’appropriation culturelle, les catastrophes environnementales, ainsi que la persistance systémique de la violence sexualisée et racisée soulignent les constantes inégalités perpétuées par les espaces coloniaux dans un monde globalisé, en plus des difficiles confrontations entre les différentes perspectives et visions du monde. Ce sont des préoccupations cruciales qui ont été largement discutées par des théoricien.ne.s et praticien.ne.s culturel.le.s autochtones, féministes et anti-racistes, et diverses formes d’intervention de justice sociale ont été faites dans les milieux scientifiques, publics, et culturels populaires afin d’exposer encore davantage la persistance de motifs historiques d’oppression, de domination et de complicité. Les explorations éthiques et poétiques du «vivre avec » pourraient aider à revisiter, comprendre, dénoncer et résister à ces violences lentes et accélérées. S’appuyant sur le caractère chargé et interpelant du verbe prépositionnel “vivre avec,” cette conférence internationale bilingue se concentre sur les notions de corporéité, de reconnaissance et d’agentivité qui ont historiquement nourri les écritures féministes tout en prenant de nouvelles formes au tournant du nouveau millénaire. Parmi ces formes nouvelles ou re nouvelées se trouvent les éthiques féministes du care mises de l’avant par le travail de la psychologue Carol Gilligan et amplifiées par les expertises de Joan Tronto et María Puig de la Bellacasa. D’autres manifestations incluent les performances et productions d’artistes autochtones telles que KC Adams et Dana Claxton, le féminisme matériel de Stacy Alaimo et de Karen Barad, la pensée posthumaniste de Rosi Braidotti et de Kristen Lillvis, et l’essor des affects féministes avec la «felt theory» de Dian Million et les travaux de Sara Ahmed et de Lauren Berlant. Ayant ces cadres conceptuels, certainement vastes mais aussi interreliés, en tête, nous nous intéressons au tissage complexe qui rassemble les notions de vivre avec, d’alliance, de cohabitation, de résistance, de responsabilité ( response-ability ), d’inter-dépendance, et de communauté. Notre but est de mieux comprendre les structures, les circonstances et les dynamiques sociales, affectives et matérielles de la relationalité, que nous souhaitons aborder en termes humains, nonhumains, écologiques et technologiques et au travers de productions culturelles autochtones, canadiennes et québécoises d’expressions française et anglaise, incluant la littérature, le cinéma, les arts visuels, la musique, etc. L’objectif principal de la conférence est l’étude de représentations du «vivre avec» en tant que formes radicales de rencontre, d’engagement et de care entre le soi et l’autre. Nous empruntons l’analogie du toucher de Karen Barad pour situer notre conception de l’éthiqueen tant que «matter of response»: «each of ‘us’ is constituted in response-ability. Each of ‘us’ is constituted as responsible for the other, as the other» (2012). En plaçant fermement l’éthique au cœur du projet critique, nous cherchons à réfléchir de manière soucieuse aux expressions, potentialités, et limites possibles de cette relation. De plus, par l’étude de productions littéraires et artistiques, nous espérons réagir aux instabilités et aux asymétries qui façonnent les expériences du «vivre avec» en questionnant les notions clés de fragilité, de vulnérabilité, d’intersubjectivité et d’appartenance dans une variété de contextes et d’espaces où les expériences d’ empowerment et d’assujettissement interagissent et «intra-agissent» (Barad). Par conséquent, nous souhaitons faire place à des conversations provocantes sur la poétique et l’éthique des sujets suivants: “Vivre avec” etCare féministeFeminismes autochtonesFéminismes matériels et posthumanistesAffects féministesFéminisme de marché et féminisme populaire ; postféminismeIntersectionalité et constructions sociales interdépendantesConciliation, réconciliation, réparationRelations et alliances autochtones-allochtonesTémoignage, témoigner et «être témoin»Limites de l’in/visibilité et de l’intelligibilité culturelleAppropriation et effacement culturelsSolidarité, réceptivité, responsabilitéCommunauté et hospitalitéNécropolitique et biopolitiqueSubjectivités trans- et queerPolitique et éthique de l’empathie et de la compassionPratiques quotidiennes et rituels de l’ordinaireÉcoféminisme, natureculturesMatière et corporéité nonhumaines et plus-qu’humaines Nous encourageons les perspectives et méthodologies comparatistes, multi- et interdisciplinaires. Veuillez envoyer vos propositions de 300 mots (en français ou en anglais) avec une courte notice biographique (100 mots) à clcconf@ualberta.ca avant le 2 février 2018 . Les propositions de séance (de 3 ou 4 communications) devront inclure une courte introduction au sujet du panel suivi d’un résumé d’environ 300 mots pour chacune des communications. OrganisatricesMarie Carrière, directrice, Centre de littérature canadienne, Université de l’AlbertaDominique Hétu, stagiaire postdoctorale, Centre de littérature canadienne, Université de l’AlbertaLibe García Zarranz, chercheure, Department of Teacher Education, Université norvégienne des sciences et de technologie (NTNU) PART I - Banff Centre, Alberta (Canada) October 11-14, 2018 PART II - Norwegian University of Science and Technology, Trondheim (Norway) Fall 2019 To see is to enter, to be visited. To cross the threshold. And to be transformed… – Marjorie Beaucage, “Aboriginal Voices: Entitlement through Storytelling” And so now she owed him things and had to take care of him forever. He did not have to worry about ever being alone again. – Heather O’Neill, Daydreams of Angels À ce moment, l’humanité se trouvera placée devant un choix : soit continuer sur le chemin de la croissance illimitée, du matérialisme, de l’exploitation des ressources humaines et naturelles, soit prendre le chemin de la spiritualité (car tout humain a un esprit),retrouver sa relation originelle avec la nature et honorer à nouveau les femmes de son clan afin de perpétuer les traditions, les peuples et, finalement, l’humanité. Le grand réveil. – Natasha Kanapé Fontaine, Kuei, je te salue Keynote Addresses:Kim Anderson, University of GuelphAlexandre Baril, Université d’OttawaNaïma Hamrouni, Université du Québec à Trois-RivièresCheryl Suzack, University of Toronto Panel of Writers (TBA) Political and historical events, such as the Truth and Reconciliation Commission and Report, the Idle No More movement, Donald Trump’s immigration ban, Black Lives Matter, the ongoing refugee crises, recent controversies around cultural appropriation, environmental catastrophes, and the recurring display of systemic sexual and racial violence underline the consistent inequalities of perpetuated colonial spaces in this globalized world, as well as the often painful confrontation of different worldviews and perspectives. These are crucial concerns that have been widely discussed by Indigenous, feminist, and anti-racist theorists and cultural practitioners. The various forms of social justice intervention that have emerged in academic, public, and popular cultural spaces have further exposed the persistence of historical patterns of oppression, domination, and complicity. Explorations of the poetics and ethics of “living with” might help revisit, understand, denounce, and resist these fast and slow violences. Relying on the engaging and loaded phrasal verb, “living with,” this bilingual international conference focuses on notions of embodiment, recognition, and agency that have historically fuelled feminist writing while taking on new forms with the second millennium. Among these new or re newed configurations are the feminist ethics of care pioneered by the psychological research of Carol Gilligan and reworked by scholars such as Joan Tronto and María Puig de la Bellacasa. Other manifestations include Indigenous new media work by KC Adams and Dana Claxton, the material feminism of Stacy Alaimo and Karen Barad, the posthumanist thought of Rosi Braidotti and Kristen Lillvis, and the re-turn to feminist affects with Dian Million’s “felt theory” and the work of Sara Ahmed and Lauren Berlant. With these broad though interrelated theoretical frameworks in mind, we are interested in the complex weaving of notions of togetherness, alliance, cohabitation, resistance, response-ability, inter/dependency, and community. Our aim is to better understand the social, affective, and material structures, circumstances, and dynamics of relationality – understood in human, nonhuman, ecological, and technological terms – through Indigenous, Canadian, and Québécois cultural production in English and in French, including literature, film, visual art, music, etc. The main objective is to investigate representations of “living with” as a radical form of encounter, engagement, and care between self and other. We understand ethics in the terms offered by Karen Barad’s analogy of “touching,” that is to say, as “a matter of response. Each of ‘us’ is constituted in response-ability. Each of ‘us’ is constituted as responsible for the other, as the other” (2012). By firmly positioning ethics at the heart of critical enquiry, we seek to think carefully about the different possible expressions, potentialities, and limits of this relation. Moreover, through the study of literary and artistic productions, we hope to address the instabilities and asymmetries that shape experiences of “living with” by questioning key notions of fragility, vulnerability, intersubjectivity, and belonging in a variety of contexts and spaces where experiences of empowerment and subjugation interact and intra-act (Barad). Accordingly, we are looking for challenging conversations about the poetics and ethics of the following topics: “Living with” andFeminist CareIndigenous FeminismsMaterial and Posthumanist FeminismsFeminist AffectsPop and Market Feminism; PostfeminismIntersectionality and Interdependent Social ConstructionsConciliation, Reconciliation, ReparationIndigenous-Settler Relationships and AlliancesTestimony and WitnessingLimits of Cultural In/visibility and IntelligibilityCultural Appropriation and ErasureSolidarity, Responsiveness, AccountabilityCommunity and HospitalityNecropolitics and BiopoliticsTrans- and Queer SubjectivitiesPolitics and Ethics of Empathy and CompassionEveryday Practices and Ordinary RitualsEcofeminism, NatureculturesNonhuman and More-than-Human Matter and Embodiment We encourage comparative, multidisciplinary, and interdisciplinary perspectives and methodologies. Please send your 300-word proposal (in English or French) along with a short biographical note (100 words) to clcconf@ualberta.ca before February 2, 2018 . Panel proposals (of 3 or 4 papers) should include a short introduction to the panel’s topic followed by a 300-word abstract for each paper. OrganizersMarie Carrière, Director, Canadian Literature Centre, University of AlbertaDominique Hétu, Postdoctoral Fellow, Canadian Literature Centre, University of AlbertaLibe García Zarranz, Researcher, Department of Teacher Education, Norwegian University of Science and Technology (NTNU)

S. Hirshi, C. Legoy, S. Linarès, A. Saemmer & A. Vaillant (dir.), La Poésie délivrée

jeu, 11/23/2017 - 12:22
La Poésie délivrée Sous la direction de Stéphane Hirschi, Corinne Legoy, Serge Linarès, Alexandra Saemmer, Alain Vaillant Presses Universitaires de Paris Nanterre, Orbis litterarum 2017 – 576 pages – Format : 17×21 cm isbn : 978-2-84016-274-2 – Prix : 25€ Illustration N&B – Langue : français Présentation de l'éditeur: Voici l’un des lieux communs les plus rebattus de l’histoire littéraire: à l’ère de la modernité, la poésie aurait fait corps avec le livre, enserrée dans l’écrin d’un volume artisanal et destinée à quelques happy few. À la fin du xix e siècle, le mythe mallarméen a consacré l’alliance du Livre et du Poème, purifiant la poésie de tout ce qui la rattachait encore à l’ordinaire de la vie sociale. Or rien n’est plus faux. Depuis la Révolution française, la poésie, sous toutes les formes, a envahi l’espace public: une poésie mobilisée par les révolutions comme par les pouvoirs officiels, une poésie déclamée ou chantée au coin des rues, glissée dans les colonnes des journaux, écrite sur les murs, récitée à la radio, interprétée sur scène ou pour l’industrie du disque, mise en images au cinéma ou à la télévision, rappée, slamée, et profitant aujourd’hui de l’infinie plasticité du numérique. Il ne s’agit pas d’une production marginale à laquelle il faudrait rendre justice par bienveillance. Non seulement cette poésie protéiforme est quantitativement beaucoup plus importante que la poésie des livres; et pourquoi serait-elle plus médiocre, pour la seule raison qu’elle réaliserait le rêve romantique d’une poésie concrètement adressée à tous? Mais encore elle se révèle plus que jamais omniprésente, dissimulée au cœur d’une culture qu’on imaginait vouée au storytelling et aux fictions en tout genre. C’est donc à une histoire radicalement nouvelle de la poésie moderne qu’invite cette première somme collective sur la poésie hors du livre, « délivrée », conçue et rédigée par une trentaine de spécialistes en histoire, littérature, philosophie, musicologie, histoire de l’art, sciences de l’information et de la communication, sociologie. SOMMAIRE Introduction générale Corinne Legoy et Alain Vaillant La poésie dans la cité Introduction Corinne Legoy Poésie et pratiques socialesLes usages de la poésie dans les processions en France au xviii e siècle :formes et débatsGael RideauPoésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de NapoléonJacques-Olivier BoudonLes vers latins dans les fêtes de collègesRomain JalabertPratiques judiciaires de la poésie : la défense en vers au xix e siècleAnne-Emmanuelle DemartiniLes socialistes français et La Marseillaise, de 1879 à 1914Eric Nadaud« C’est toujours la même chose, et cela m’amuse toujours ».Répétition et imitation dans la chanson de café-concertÉlisabeth Pillet Une arme de contestationLa Chanson en RévolutionSophie-Anne LeterrierChanson et identité ouvrière en France (1817-1849)Philippe DarriulatPolitique et héritages dans la chanson de 1848Romain BéniniModernité littéraire et clôture poétique. Le cas de la poésie résistanteBenoît Denis« Poésie collective et happening urbain : la Nuit de la poésie 1970 (Montréal) »Pascal Brissette Voies / Voix de traverse Introduction Serge Linarès Poésie à dire et à entendrePage, pierre, voix : une poésie multi-supports à l’aube du xix e siècleHugues Marchal« On veut de nouveaux sons » : poésie et oralité à l’orée du xx e siècle en FranceSerge LinarèsPoésie & medium : effets et enseignements du « sonore »Jean-Pierre BobillotEssai de slamologie. L’exemple de Grand Corps Malade [GCM]Camille VorgerApproches du rap en français comme forme poétiqueEmmanuelle Carinos et Karim Hammou Poésie à voirExpérimentations manuscrites : lettres, albums et livres d’orDenis Saint-AmandPar-delà les frontières du codex :nouveaux espaces du livre poétique (dans le sillage mallarméen)Patrick SuterPoésie et art contemporain : performances, dispositifs plastiques et effets visuelsMagali NachtergaelPoésies dans, et hors le numériqueAlexandra SaemmerLa poésie animée : concrètement de la poésiePhilippe Bootz La poésie à l’ère médiatique Introduction Stéphane Hirschi et Alexandra Saemmer Poésie, chanson et musiquesLa poésie hors la poésieVincent VivèsLa récitation poétique à l’épreuve du cabaretMarine WisniewskiChanson et musicologie : L’exemple de Léo FerréPascal PistoneDiction et chanson : la poésie hors de ses gondsJean-Pierre Zubiate« Le Temps d’une chanson » : une poétique de l’enregistrement ?Stéphane HirschiTautégorie – de la chansonPeter Szendy Poésie et médiasLe journal du XIX e siècle, creuset de l’invention poétiqueAlain VaillantLa chanson fin-de-siècle en revue : versiculets, chansons bas, imagesEvanghélia SteadLe cinéma, « seul successeur possible » du livre poétique dans les années 1910 et 1920 ?Nadja CohenPoésie et radio au xx e siècle. Repères et enjeuxPierre-Marie HéronPoésie et télévision : la rencontre rêvéeCéline Pardo Bibliographie générale Présentation des auteurs

C. Baudouin, M. Lata (dir.), Sacré canon . Autorité et marginalité en littérature

jeu, 11/23/2017 - 12:13
Sacré canon Autorité et marginalité en littérature Catherine BAUDOUIN (dir.) Marion LATA (dir.) Éditions Rue d'Ulm,, 2017 Collection Actes de la recherche à l’Ens n°22 140 p. ISBN-978-2-7288-3693-2 10.00 € Le concept «explosif» de canon est ici abordé de manière pluridisciplinaire et transversale. Au cours de l’histoire, les canons ont pris diverses formes – listes d'auteurs, textes sacrés et œuvres consacrées; leur établissement a cependant toujours reposé sur un geste de sélection, et donc aussi d’exclusion. Ce volume permet une comparaison raisonnée des manifestations du canonique et de l’extracanonique – compris dans le sens aussi bien d'apocryphe que de fanfiction – dans différents contextes culturels et historiques. Il met ainsi en perspective les notions de tradition et de sacralité textuelle, de Dion de Pruse et Lucien de Samosate à Ismaïl Kadaré, de Basile de Césarée à Victor Hugo. Sommaire Introduction, par Anne-Catherine BAUDOIN et Marion LATA Au commencement était l’auteur. De l’imitation à l’autocanonisation Un canon épistolaire? La singularité du discours Sur l’entraînement à la parole de Dion de Pruse, par Guillemette MÉROT Œuvre d’art et machine de guerre. Le canon des génies dans William Shakespeare de Victor Hugo, par Guillaume PEYNET Portrait de l’écrivain en Homère albanais dans Le Monstre d’Ismaïl Kadaré. Des usages du canon à des fins d’autoreprésentation, par Élodie COUTIER Quand le corpus devient canon. Inclure et exclure Qui parle dans la règle ecclésiastique? Quelques réflexions à propos d’un « canon de saint Basile », par Arnaud PERROT Corpus et canon. Le cas de Lucien de Samosate, par Émeline MARQUIS Lire dans les marges: problématiques de l’extra-canonique L’ Épître de Lucien . Genèse et destin d’un apocryphe à succès, par Damien LABADIE Du canon au fanon . Sacralités multiples du canon littéraire dans la fanfiction, par Marion LATA Bibliographies Présentation des auteurs Résumés des contributions - - - - - - - - - - Les auteurs Anne-Catherine BAUDOIN , normalienne, agrégée de Lettres classiques, enseigne la langue et la littérature grecques à l’ENS. Ses recherches portent sur les textes chrétiens de l’Antiquité – canoniques, patristiques et apocryphes – et particulièrement sur la circulation et la transmission des textes et des traditions. Marion LATA est ancienne élève de l’ENS Ulm et agrégée de Lettres modernes. Sa thèse, commencée en 2016 à l’Université Paris 3-Sorbonne nouvelle (EA 120 CERC) en littérature comparée sous la direction de Sophie Rabau, porte sur les modalités de l’intervention du lecteur en littérature papier et numérique et sur la notion d’interactivité en littérature. Élodie COUTIER , normalienne, agrégée de Lettres classiques, est doctorante au Centre de recherche en littérature comparée (EA 4510) de Paris-Sorbonne. Sa thèse porte sur les réappropriations et les détournements de l’ Iliade dans le roman contemporain, en Europe et dans le monde anglophone (États-Unis et Australie). Ses recherches l’amènent à s’interroger sur les notions de mythe et de réécriture, ainsi que sur la définition générique de l’épopée et du roman. Damien LABADIE est doctorant en Histoire des religions à l’École pratique des hautes études (Paris), sous la direction de Muriel Debié et Rémi Gounelle. Il prépare actuellement une thèse intitulée : «L’invention du protomartyr Étienne : sainteté, pouvoir et controverse dans l’Antiquité I er -VI e siècle)». Ses recherches portent sur le christianisme antique, la littérature apocryphe et l’Orient chrétien. Émeline MARQUIS est chargée de recherche au CNRS (UMR 8546-AOROC). Elle travaille sur la littérature grecque d’époque impériale et a consacré sa thèse de doctorat à Lucien de Samosate. Dans le cadre d’une bourse de la fondation Alexander von Humboldt, elle mène actuellement des recherches sur l’épistolographie grecque. Guillemette MÉROT est ancienne élève de l’ENS Ulm, agrégée de Lettres classiques et doctorante en études latines à l’Université Paris-Sorbonne (EA 1491 EDITTA). Sa thèse (« Le “canon” des poètes grecs et latins de l’ Institution oratoire (Quint. Inst . 10.1) : discours critique, traditions doctrinales et contexte culturel ») porte sur l’histoire des canons poétiques dans le champ de la rhétorique et de la critique littéraire anciennes. Elle est également PRAG en lettres à l’UFR Arts et Médias de l’Université Paris 3-Sorbonne nouvelle. Arnaud PERROT est ancien élève de l’ENS Ulm, agrégé de Lettres classiques et docteur en études grecques de l’Université Paris-Sorbonne (Paris 4). Sa thèse, intitulée « Le législateur incertain. Recherches sur la contribution ascétique de Basile de Césarée », se propose de réévaluer l’apport du « père Cappadocien » à l’émergence d’une littérature monastique. Guillaume PEYNET , ancien élève de l’ENS Ulm et agrégé de Lettres classiques, est doctorant à l’Université du Maine (laboratoire 3L. AM). Il prépare, sous la direction de Franck Laurent, une thèse sur les rapports entre métaphore et pensée dans l’œuvre de Victor Hugo (1852-1864).

St. Hirschi, C. Legoy, S. Linarès, A. Saemmer et A. Vaillant (dir.), La Poésie délivrée

jeu, 11/23/2017 - 11:49
Référence bibliographique : Stéphane Hirschi, Corinne Legoy, Serge Linarès, Alexandra Saemmer et Alain Vaillant (dir.), La Poésie délivrée , Presses universitaires de Paris Nanterre, collection "Orbis litterarum", 2017, 576 pages. EAN13 : 9782840162742. La poésie hors le livre. «La poésie hors le livre»: tel aurait dû être notre titre si, au moment où nous l’avions choisi, une thèse n’avait déjà été commencée avec un intitulé presque identique: son auteur, Céline Pardo [1] , figure d’ailleurs à notre sommaire. Pour l’occasion, nous avons donc renoué avec la mode seventies des titres calembours. «La poésie délivrée» [ i. e. «dé-livrée»]: le jeu de mots s’imposait trop évidemment pour qu’on fasse la fine bouche, d’autant qu’il permettait aussi, en ouverture d’une étude consacrée aux formes modernes et contemporaines de la création poétique, de faire signe à l’une des œuvres les plus canoniques de la Renaissance, La Jérusalem délivrée (1581) du Tasse. La coïncidence entre les deux entreprises (l’ouvrage collectif et la thèse individuelle) prouve que, enfin, le temps est venu de refermer une parenthèse qui a été ouverte à la fin du xix e siècle –d’ailleurs, moins par les poètes eux-mêmes que par tous ceux dont le métier est de parler de la poésie: critiques ou historiens de la littérature, journalistes ou professeurs. Cette parenthèse correspond à la période où le sort de la poésie, au prix d’une vraie mutation du genre et d’un renversement de ses représentations les plus traditionnelles, a paru se confondre totalement avec le destin héroïsé du Livre, du mince recueil artisanal, rare, précieux, sacré. Succédant au livre de la religion (la Bible, de « biblos» , «livre» en grec), la littérature avait trouvé dans le livre de poésie sa bible profane. Bien sûr, la sacralisation poétique du Livre avait ses raisons. Dans l’histoire de l’imprimé occidental, le xix e siècle finissant est caractérisé par deux événements qui avaient de quoi affoler les esprits épris du passé que sont les lettrés, toujours par vocation mais trop souvent à leur insu. D’une part, la sphère du livre entrait dans une phase d’industrialisation accélérée qui allait faire la fortune des nouveaux capitalistes de l’édition [2] , en frappant brutalement d’obsolescence la figure idéalisée du «libraire» humaniste. D’autre part, le livre lui-même, sous toutes ses formes, subissait la concurrence très agressive de la presse de masse, des millions d’exemplaires de journaux qui sortaient chaque jour des rotatives et inondaient littéralement l’espace public [3] . Dans ce contexte de bouleversement culturel, le livre de poésie, à la fois par sa forme, par son contenu, par ses modes de fabrication puis de diffusion, apparaissait à la fois comme le symbole et l’emblème d’un acte salutaire de dissidence à l’égard de la société de consommation libérale en voie de massification, comme une défense de la subjectivité individuée de l’écrivain, comme une subtile protestation contre l’anonymat d’une culture mécanisée et impatiente. Il est donc logique que Mallarmé, qui incarne magnifiquement la résistance de la poésie contre ce qu’il a nommé «l’universel reportage [4] », lui ait opposé son grand œuvre de poète, son «Livre» mystérieux –même si l’on peut s’étonner que les commentateurs n’aient pas davantage été troublés de constater que, en plus de trente ans de carrière poétique, il ne lui ait pas donné un vrai début de réalisation concrète. Il n’empêche que cette sacralisation repose sur un double coup de force. En premier lieu, par rapport au passé de la poésie. Depuis la plus haute Antiquité jusqu’au xix e siècle, la poésie a d’abord été faite pour l’oralité [5] . Elle a été chantée (on l’appelait alors la poésie «lyrique») puis déclamée, sur les scènes publiques ou dans les Cours et les salons aristocratiques; ensuite, elle a été écrite sur des feuilles volantes, recueillie le cas échéant dans des sortes de volumes individuels ou collectifs: il fallait bien en garder la trace et les archiver, mais sans songer que de tels recueils, parce qu’ils étaient «livres», devaient conférer à la poésie une quelconque plus-value littéraire. Au xix e siècle, avec les volumes des romantiques (Lamartine, Vigny, et bien sûr Hugo) puis, surtout, avec Les Fleurs du Mal de Baudelaire, il faut admettre que le recueil a commencé à faire livre – sans pourtant qu’il fasse oublier la «Voix» du poète, cette mystérieuse incarnation sonore d’une présence dont le fantôme hanterait l’imprimé. Le deuxième coup de force concerne cette fois notre présent. Il suffit de tourner notre attention vers le monde qui nous entoure, en oubliant un instant le modèle sacré du livre-recueil, pour constater à quel point la poésie est envahissante. Grâce aux révolutions technologiques successives dont ont bénéficié les médias électroniques, elle est omniprésente à travers la chanson.Mais elle envahit aussi les murs des cités, les paroles psalmodiées du rap, les slogans publicitaires, les pratiques d’apprentissage pédagogique, de l’école primaire jusqu’aux ateliers d’écriture, les écrans d’ordinateurs. En réalité, la poésie, plus que jamais, occupe l’espace du quotidien, même si le plus souvent elle ne dit pas son nom et si son aptitude au camouflage culturel la rend le plus souvent invisible. D’ailleurs, à l’exception des rares spécialistes (mais la culture vivante n’est faite ni pour les spécialistes ni par eux), il ne faut pas creuser beaucoup pour découvrir que, en réalité, les «amoureux» déclarés de poésie ont en mémoire un trésor de poèmes appris et récités, d’extraits anthologiques, de souvenirs scolaires, de morceaux de bravoure patrimoniaux, ont enregistré et se sont approprié une vaste rumeur poétique, constituée de souvenirs émus de leur propre passé plutôt que de recueils précis. «Les livres de poésiene se vendent plus»: le lamento n’a à peu près jamais cessé, depuis que Balzac en a fait l’argument de son premier volume d’ Illusions perdues , en 1837, qui instruit le procès du roman et du journal. Mais, formulé ainsi, rien n’est plus faux que ce supposé déclin et, d’ailleurs, Balzac, qui était lui-même à la fois journaliste et romancier, n’a jamais écrit ni a fortiori publié le moindre recueil de poésie. Oublions la poésie de la Restauration, qui a bénéficié par ricochet d’un contexte global de confinement culturel, et les recueils de nos grands poètes nationaux, que, indépendamment de leur contenu, il faut surtout considérer comme des classiques scolaires. À cette double exception près, la poésie ne s’est jamais beaucoup vendue, parce que sa vocation éditoriale et littéraire n’est pas de fonctionner sur le régime de la production de masse – ce qui ne l’empêche pas d’irriguer toute la société, en empruntant les voies multiples qui sont les siennes et que nous entreprenons d’explorer ici. Même si l’on s’en tient à la fin du xix e siècle, à ce moment symboliste qui est censé voir triompher la clôture sacrée du recueil et l’hermétisme du Livre mallarméen, la vocation bibliophilique de la poésie est très sujette à caution. À rebours, l’historien de la littérature est bien obligé de constater deux nouveautés incontestables. D’abord, à partir du Cercle des Hydropathes (1878) d’Émile Goudeau puis du Chat noir (1881) de Rodolphe Salis avec la complicité du même Goudeau, la première révolution est l’invention d’une forme publique et spectacularisée de la poésie, d’une mise en scène de la déclamation où le poème récité se mue bientôt en performance humoristique ( via la parodie et le monologue comique) ou en chanson. Puis, cette fois sur le terrain de l’imprimé, le canal le plus légitime de l’innovation poétique cesse d’être le livre: c’était encore le cas du Parnasse contemporain de l’éditeur Alphonse Lemerre, en 1866, qui était un livre collectif publié par livraisons. Désormais, les nouveautés esthétiques passent par les revues de poètes, les «petites revues» qui offrent enfin aux créateurs les moyens de faire groupe, de dialoguer ailleurs que dans les intérieurs bourgeois ou dans les arrière-salles de cafés, d’échapper provisoirement à la solitude pitoyable ou glorieuse du Livre. Même Mallarmé, l’homme du Livre, a eu une attitude beaucoup plus ambiguë que sa légende ne le prétend à l’égard de la presse et de toutes les innovations médiatiques [6] –sans parler de ceux, parmi ses disciples les plus fervents, qui prétendaient que son vrai chef d’œuvre n’était ni Hérodiade , ni le Coup de dés , ni le recueil posthume de 1899, mais les conversations hebdomadaires qu’il orchestrait dans son salon de la rue de Rome. La vraie modernité de la poésie. Ce n’est pas affaire d’érudition. La réduction de la poésie à l’espace du livre n’est pas seulement une erreur factuelle; mais elle repose sur quatre contre-vérités qui touchent à la définition même du phénomène poétique et qui tournent résolument le dos à des évidences qu’il importe de rétablir avant tout autre préalable. La première de ces contre-vérités porte sur le déclin inéluctable de la poésie, dans un monde désormais dominé par la prose du journal ou de la fiction. En dehors des lieux dont elle aurait fait élection (les recueils), la poésie serait désormais marginalisée, en particulier face au roman qui, selon la formule très suggestive de Balzac, serait «le seul qu’ait inventé la modernité [7] ». Le libre-recueil serait le village d’Astérix de la poésie française, assiégé par les légions de la prose. Bien sûr, on ne saurait nier la double affinité qui existe, d’une part entre la société libérale bourgeoise et l’acte de consommation individualisé et divertissant qu’autorise la lecture du roman, d’autre part entre nos démocraties représentatives et toute représentation narrativisée et fictionnalisée du réel [8] . Il n’empêche que, avec tous ses avatars, la poésie est elle aussi omniprésente dans l’espace public. Dans sa conception moderne, la poésie n’est rien d’autre que la forme solennisée ou artialisée de la parole adressée: chanson, message inscrit sur les murs ou sur les écrans, suite de vers glissée dans le journal ou à la radio, expression éruptive des convictions ou des passions, elle témoigne de notre quotidien aussi bien que la prose; et, mieux qu’elle, elle lui donne droit à s’exprimer, parce qu’elle est une voix avant que d’être un texte. La modernité de nos sociétés industrielles n’a certes pas «inventé» la poésie, mais elle l’a définitivement annexée à sa propre logique. Mais il faut alors en finir avec une autre contre-vérité, qui voudrait que la poésie appartienne à la sphère privée, à l’émotion artistique, à l’aveu de l’intime, par opposition à la prose, à qui reviendrait l’idéologique, le social, le politique. C’est la thèse de Jean-Paul Sartre, dans son Qu’est-ce que la littérature? , et elle est tout simplement fausse. Au contraire, ne serait-ce que par sa brièveté et sa force expressive, la poésie est vouée à la formulation des convictions collectives. Les grandes crises historiques (guerres, révolutions, catastrophes) s’accompagnent toutes d’une explosion de la production poétique, qui révèle la permanence souterraine d’une littérature de l’interpellation, de la déclaration manifestaire, du combat voire de l’invective, ou, à l’inverse, de la déploration – une littérature qui affleure, avec une vigueur spectaculaire, dès que les circonstances le permettent, c’est-à-dire dans les périodes où les rythmes et les mécanismes ordinaires de la consommation culturelle sont suspendus. Qui a conscience que le poème français de loin le plus connu au monde, récité encore aujourd’hui dans toutes les écoles chinoises, c’est le poème écrit en 1871 par Eugène Pottier, L’Internationale ? Or, l’amnésie historique qui touche à cette nature profondément sociale et collective de la poésie s’explique par son efficacité proprement littéraire. On peut raconter une insurrection, comme le font Hugo dans Les Misérables ou Flaubert dans L’Éducation sentimentale . Mais la poésie insurrectionnelle, elle, est formellement inséparable de la violence politique qu’elle exprime. La forme du vers fait corps avec la violence des mots dont elle est le support; l’émotion esthétique qu’elle suscite n’est pas isolable de la passion collective qu’elle communique: c’est vrai aujourd’hui du rap comme on le disait déjà, à la fin du xix e siècle, de la poésie anarchiste. On comprend qu’on l’ait maniée avec des pincettes et qu’on ait toujours eu tendance à l’oublier. Il est vrai, aussi, que cette poésie du collectif est le plus souvent chantée: la chanson politique, dans son principe, n’est qu’un poème versifié auquel l’adjonction d’un air connu permet la récitation à l’unisson. La transformation d’un poème en chanson est pour ainsi dire requise par la reprise collective du texte et par la prise en charge des émotions et des convictions du groupe. Il faut donc ici se débarrasser d’une troisième contre-vérité, selon laquelle la chanson serait une parente (pauvre) du poème, une branche proche mais abâtardie. Répétons-le à nouveau: la poésie a été dès son origine destinée à l’accompagnement musical ou à la mise en musique. La nature rythmique de toutes les poésies, à l’exception de la française, strictement syllabique, imposait d’ailleurs ce rapprochement entre deux arts patronnés par les Muses – qui, autrement dit, étaient de la musique . Il n’y a aucune bonne raison d’exclure de la poésie la chanson, que le Dictionnaire de l’Académie définit déjà, en 1694, comme des «vers que l’on chante sur quelque air» (l’édition de 1798 précise même qu’il s’agit d’un «genre de poésie»). En revanche, il y a deux mauvaises raisons. La première, même si elle est rarement formulée de manière aussi abrupte, est que la chanson appartient à la culture populaire – aux antipodes de la vocation, sinon aristocratique, du moins marginale ou «paratopique [9] » de la poésie. Mais on admettra alors qu’on ne peut pas, simultanément, regretter la marginalité culturelle de la poésie et exalter sa nature prétendument asociale: si la poésie a vocation, comme le roman, à toucher un large public, il faut du même coup lui intégrer sans réticence la poésie chantée. La deuxième raison renvoie aux modes de diffusion de la chanson (d’abord le spectacle, puis l’enregistrement électroacoustique, l’audiovisuel et la transmission numérique). De fait, tant que la littérature est restée exclusivement liée à l’imprimé, on comprend l’impression d’étrangeté produite par l’intrusion de l’électronique– avec tous les nouveaux comportements culturels qu’elle implique. Mais à l’heure où les écrans commencent à remplacer le papier (le processus est lent aujourd’hui, mais, comme le codex venant après le volumen ou l’imprimé après le manuscrit, il est irréversible), la sphère de la lecture arrivera bientôt à l’âge multimédial, où les mots, les images et les sons seront de plus en plus inextricablement mêlés et où les créations culturelles résulteront d’une porosité et d’une hybridation croissantes entre les divers systèmes de communication. Dans ce contexte, la chanson passera seulement pour une forme très minimale de multimédialité. La dernière contre-vérité, peut-être la plus pernicieuse pour l’esthétique littéraire, concerne l’évolution formelle de la poésie et, en particulier, son renoncement à la versification traditionnelle. Il est en effet assez largement admis, chez les spécialistes de la poésie contemporaine, que l’assomption du Livre a eu pour corollaires l’abandon de la versification et son remplacement par la prose poétique et, surtout, par le vers libre – si bien que toutes les formes versifiées et rimées de poésie seraient entachées d’archaïsme et d’amateurisme naïf, ou tolérées seulement à titre de contrepoint fantaisiste ou parodique. Le Livre de poésie, où la libre esthétique de la page blanche a remplacé les contraintes métriques, serait la voie royale de l’avenir. Là encore, les faits sont têtus. À cause de la triple influence de la pratique enfantine puis scolaire, des usages médiatiques et de la chanson, l’immense majorité du public associe encore spontanément la poésie à la perception d’une scansion métrique; les vers libres, rares et confidentiels, nagent dans un océan de vers rimés: en bonne logique, la première tâche devrait être de comprendre la signification, culturelle et artistique, de cette prolifération rythmique et rimique. On le devine, l’enjeu ultime qui se profile derrière cette exploration de la «poésie délivrée» est la conception même de la littérature. Mais alors, ne nous trompons pas d’adversaire. La question n’est pas d’opposer, comme on l’imagine trop souvent, la grande littérature à la petite, le high brow au low brow , la pure tradition de l’art poétique à ses sous-produits de grande consommation. La poésie réduite à celle du Livre n’est pas, si l’on peut dire, une poésie plus poétique que les autres; c’est seulement une poésie plus scolaire. Pour des raisons qui tiennent à l’histoire de sa naissance et de son enracinement idéologique, l’École de la Troisième République, suivie par l’ensemble de ses relais institutionnels et culturels, a choisi d’assimiler la littérature au culte national des grands genres, des grands auteurs et des grands textes, tous identifiés à des Livres soumis à l’admiration de générations d’élèves et de lecteurs. Elle a en quelque sorte arrêté le temps de l’Histoire ou, pire encore, elle a substitué à la réalité vivante de la poésie une illusion figée et artificielle. Bien sûr, il n’y a pas lieu de trancher entre la poésie du Livre et la poésie délivrée: bien des auteurs de ce volume font profession d’étudier les auteurs les plus canoniques. Notre objectif, à la fois plus modeste et plus ambitieux, est de rappeler qu’elles existent l’une et l’autre, que la poésie est complexe et hétérogène dans ses formes, donc dans ses modes de production et de diffusion. Notre conviction partagée est que, malgré les apparences, nous nous tenons ainsi beaucoup plus près de la vraie poésie, dans sa réalité sociale et artistique, que les gardiens du Livre de poésie, parce que, pour le dire crûment, il n’y a aucune autre manière de faire de la «poétique historique», au vrai sens du terme; mais aussi que, pour accéder à la poétique historique, il faut commencer par faire œuvre d’historiens. La poésie, bel impensé de l’histoire contemporaine Il y a plus de trente ans désormais, Edgard Pich invitait à étudier la poésie comme phénomène social au xix e siècle [10] . Il revenait alors sur ce qui, à ses yeux, formait le substrat de sa grande désertion, comme telle, par les historiens de la littérature : l’idée consacrée selon laquelle le poète est celui qui rompt avec les codes (sociaux, esthétiques, idéologiques) dominants ; le primat indissociable de l’approche monographique excluant toute prise en considération de l’ensemble d’une production. À l’heure, soulignait-il, où le roman et le presse s’ouvrent aux études systématiques et aux dépouillements en série, la poésie demeure, elle, un objet spécifique, au statut réservé au sein des études littéraires, soustraite à toute étude d’ensemble et à tout réancrage contextuel. Dans ce texte qui se voulait programmatique, il définissait donc « les tâches qui […] attendent les futurs historiens de la poésie ». Trente ans après, force est de constater aujourd’hui que cet appel fut peu suivi d’effet. Peu suivi, tout d’abord, dans le champ même de l’histoire de la littérature, mais surtout chez ceux qui, d’une certaine façon, auraient pu être les plus à même d’entendre son message, à savoir les historiens. Une telle absence d’échos est d’autant plus remarquable que, dans un contexte de lutte contre un formalisme structuraliste alors dominant, il invitait à reléguer, au moins dans l’immédiat, le problème du contenu [11] qui constitue indéniablement le point d’achoppement le plus évident pour les historiens. Difficile, en effet, de ne pas voir que ce genre porte au plus haut point l’injonction qui leur est faite par la littérature de « quitter [leurs] territoires familiers balisés par les parcours du référent », pour reprendre une formule de Jacques Guilhaumou [12] . Plus spécifiquement, frappe également le peu d’échos rencontré par le programme d’Edgard Pich dans le champ de l’histoire du xix e siècle, dont tous les contours se lient si étroitement à la littérature. On sait combien de grands historiens ont puisé dans leur passion pour Balzac, Hugo ou Dumas la source de leur vocation. On sait surtout la porosité, au xix e siècle, des univers sociaux, politiques et littéraires ; porosité renforcée par le fait que, sans doute jamais autant qu’en ce siècle, les écrivains – et tout particulièrement les poètes, comme le montre toute l’œuvre de Paul Bénichou – « n’ont eu à ce point la conviction d’être des acteurs de l’histoire [13] ». Pourtant, la réticence historienne à s’emparer de la poésie pour enrichir le champ de l’histoire contemporaine est bien là, massive et évidente. Ce malaise ne diffère certes pas de l’embarras plus général des historiens face à la littérature, analysé régulièrement par de nombreuses publications [14] . Pour les dix-neuviémistes, l’une des premières explications, avancée par Judith Lyon-Caen et Dinah Ribard [15] , est un effet de sources(la profusion des archives non littéraires pour l’âge contemporain), redoublé par un mouvement ouvert à l’époque moderne de différenciation des écrits, de spécification-distinction de la littérature, qui nourrirait, en retour, l’idée que cette littérature, ainsi canonisée, serait, au fond, une source impossible pour l’historien. À cela, s’ajoute également leur méfiance persistante, soulignée par Dominique Kalifa, à l’encontre des sources imprimées, et de la littérature au premier chef, les archives constituant leur matériau privilégié [16] . Cette explication par les matériaux disponibles et légitimés dans le champ de la discipline n’éclaire cependant pas tout du malaise palpable des historiens. Plus fondamental, sans doute, est le défi que leur lance la littérature, et singulièrement la poésie, tel que Jacques Guilhaumou le formule et tel qu’Alain Corbin l’a rappelé : « il ne faut jamais oublier que la littérature parle d’abord d’elle-même, des codes et des normes qui la régissent, de la réception visée par l’auteur […] Il faut éviter de postuler que le réel passe par la littérature [17] ». Si, pour la plupart, les historiens ont ainsi renoncé depuis longtemps à voir en la littérature un simple témoignage, à la mobiliser comme citation subsidiaire au discours historique ou à la considérer comme un reflet, plus ou moins lisible, d'une réalité extérieure, ils n’en demeurent pas moins, en effet, dans une situation d’inconfort méthodologique, entre la tentation d’en faire une source parmi d’autres et la conscience de son irréductible spécificité, entre une illusoire tentation référentielle et le renoncement intranquille à cette illusion. Ces embarras épistémologiques, aussi persistants qu’ils soient, n’ont cependant pas empêché des renouvellements notables dans les approches historiennes de la littérature. Schématiquement, et pour le xix e siècle, ils se sont ordonnés dans quatre grandes directions : l’approche matérielle de la production – livres, journaux ou revues en particulier ; l’approche sociale du texte imprimé – pratiques d’écriture et usages de la lecture essentiellement; les productions textuelles en elles-mêmes, par l’analyse et l’interprétation de leurs contenus, des représentations et des imaginaires ; les liens entre littérature et pouvoir, enfin et d’une façon plus générale. En regard des nombreux travaux historiques ayant ainsi fait de la littérature leur champ d’élection, un constat s’impose pourtant : la poésie demeure un continent singulièrement déserté des contemporanéistes. Pour d’autres siècles, en revanche, une telle réinscription historique de la poésie semble, à l’évidence, moins encombrée d’écueils. Dans les foulées des sociologues de la littérature, les modernistes ont ainsi notablement investi le champ des liens entre poésie et pouvoir, sous l’angle, en particulier, de la poésie de célébration. Les travaux de Christian Jouhaud, attentifs au statut de l’écrivain et à son insertion paradoxale dans le système du mécénat princier, ont ainsi permis de penser les pratiques d’écriture dans les entours du pouvoir, qu’elles soient celles d’un Corneille, d’un Guez de Balzac ou d’auteurs oubliés du panthéon littéraire. Plus largement, un certain nombre d’historiens n’hésitent d’ailleurs pas à poser frontalement la question de la poésie comme pratique sociale à l’âge moderne [18] . Au reste, c’est sous cet angle également que la chanson, cette forme particulière d’écriture versifiée, a été récemment abordée pour l’époque contemporaine. Ouverte par le travail fondateur de Laura Mason sur la chanson révolutionnaire [19] , cette voie est défrichée aujourd’hui pour le xix e siècle par les travaux de Philippe Darriulat et de Sophie-Anne Leterrier. Au premier, revient la prise en compte inédite de la chanson sur le temps long, au prisme d’un vaste corpus, quand le seconde s’attache résolument à réinscrire l’emblématique figure de Béranger dans une culture chansonnière propre au premier xix e siècle et largement héritière de la Révolution française [20] . La «spécification-distinction » paralysante de la poésie, soulignée en son temps par Edgard Pich dans le champ des études littéraires, est donc aujourd'hui singulièrement à l'œuvre dans le domaine de l'histoire contemporaine. La poésie contemporaine : une affaire d’historiens, aussi. Ce silence spécifique de l'histoire contemporaine souligne, si besoin était encore, le poids encombrant de la canonisation du genre dans son champ, comme si la prise en compte simultanée des pratiques d’écriture des « grands » et « petits » noms des lettres devait s’arrêter au seuil du xix e siècle et comme si l’étude contextualisée d’une pratique d’écriture ne valait que pour ce genre longtemps considéré comme mineur qu’est la chanson. Comme si, au fond, se refermait sur l’historien le piège des jugements académiques sur la Littérature et ses avatars négligeables. À cet égard, en effet, les mots provocateurs de Jean-Claude Vareille en ouverture de son travail sur le roman populaire semblent avoir fait long feu : « en sciences humaines, […], le rebut n’existe pas : au travers de chaque manifestation culturelle, c’est l’ensemble des facteurs humains et artistiques, d’un imaginaire et d’une vision du monde, qui entrent en jeu et se donnent à déchiffrer. Il se pourrait bien que la collection Harlequin nous en apprit autant sur l’époque contemporaine que les sophistications du Nouveau Roman (et inversement il est vrai) [21] ». L’admettre, et ne s'interdire nul objet, là est pourtant bien l’une des tâches de l’historien face à la poésie contemporaine. Elle suppose d’emblée de rompre avec l'oublieuse sacralisation de la poésie, nourrie de représentations devenues dominantes de la poésie : genre inscrit désormais au panthéon de la Littérature, langue enclose et fermée au profane, forme abstraite des pulsations de l’Histoire. Largement victorieuses, ces représentations ont en effet contribué à engloutir ce qui peut ressurgir, ici ou là, dans nos sociétés : la poésie comme pratique spontanée, partagée et répandue ; la poésie comme geste quotidien inscrit dans les usages sociaux et culturels, les luttes politiques et les engagements civiques. Autant de façons autres, en somme, de penser et de faire de la poésie, dont la relégation contemporaine ne doit pas faire oublier qu’elles furent, en d’autres heures, dominantes. Dès le xviii e siècle, Piron raille ainsi la « métromanie » de son temps, cette manie de versifier qui s’empare de chacun, à toute heure du jour ou de la nuit, quelles que soient les circonstances [22] . À sa suite, c’est tout le premier xix e siècle qui résonne d’innombrables railleries contre les poètes du dimanche, les versificateurs de collège ou les rimeurs politiques [23] , voire, en 1865 encore, contre « le métromane soldat » : « Tous les conseils sont superflus / Alors qu’on crie au métromane : / Soyez sage, n’écrivez plus ! / Il est entêté comme un âne / Et rimera malgré Phoebus. / Contre ce mal, des plus aigus / La science n’a point d’arcane [24] . » Discours du sarcasme, caricatures au sens propre, sans doute, tous ces textes témoignent néanmoins bien de l’historicité profonde du rapport à la poésie et des représentations qui le nourrissent. En rendre compte passe, à un premier niveau, par un indispensable travail de déchiffrement: un inventaire, en quelque sorte, de la présence, sur le temps long, de la poésie dans les pratiques sociales, culturelles et politiques. Sur ce chemin, les enseignements ne sont pas minces qui révèlent d’emblée l’altérité profonde, en leur rapport au genre, des siècles qui nous ont précédé. Elle se signale, tout d’abord, dans une familiarité perdue avec la pratique de la versification, dont atteste l’exercice de l’improvisation poétique, son insertion dans les correspondances, son maniement dans l’espace quotidien des champs, des ateliers ou des communautés villageoises. Elle s’exprime aussi dans son lien singulier aux pratiques de sociabilité, que révèlent lectures de salon ou chansons et toasts de banquets. Elle se lit, tout autant, dans sa place exceptionnelle au cœur des loisirs et des pratiques culturelles : théâtres, où l’on chante à l’heure des représentations, mais aussi espaces dédiés, tels les goguettes, les cafés-concerts ou les cabarets ; sociétés savantes, bien sûr, mais aussi temps plus inattendu du voyage [25] . Elle se dit, encore, dans la place massive que lui réserve l’espace de la cité : politiquement investie, collective, elle est de toutes les fêtes de souveraineté autant que des luttes révolutionnaires. Irréductible, ainsi, au cercle des élites lettrées, elle l’est donc aussi, et manifestement, au livre [26] . À lui seul, un tel déchiffrement rend la poésie à l’histoire, en l’articulant à ce qui en fait le cœur. À partir de lui seul, surtout, peut être mesuré, dans ses variations diachroniques, le poids de cette présence poétique dans la trame des pratiques individuelles et collectives. Condition sine qua non , au fond, d’une réponse pertinente à la question de la rupture ou de l’insertion de la poésie dans les codes dominants, question, on le voit, qui ne peut être posée uniquement en termes esthétiques. S’ouvre alors un deuxième espace de réflexion pour l’historien : celui de la poésie comme pratique elle-même historiquement située. Elle l’est, tout d’abord, et à l’évidence, en tant qu’elle est une façon de faire, socialement transmise et incarnée, mais elle l’est également par le sens – variable, changeant – qui lui est conféré ; par les prescriptions et les normes qui la sous-tendent ; par les cadres de pensée, enfin, qui en font un geste acceptable, requis ou refusé. L’enjeu ne saurait être ici d’asservir la poésie aux cadres sociaux, de la conditionner strictement et aveuglément, mais bien de lui rendre, au contraire, son épaisseur et d’en comprendre toutes les dimensions : pratique enseignée, pratique spontanée de profération de l’engagement, pratique valorisée socialement et, partant, d’affirmation de soi pour des peu-lettrés, pratique largement partagée… Tout cela, qui s’impose ou reflue selon les moments, doit être exploré. Pourquoi s’interdire, en effet, pour le xix e siècle, ce que les historiens des périodes anciennes ou médiévales se sont précocement autorisés : l’étude des sources littéraires – exempla , chansons de geste ou roman courtois pour les médiévistes – en lien avec les contextes politiques et culturels ou, pour parler la langue de Lucien Febvre, avec «l’outillage mental» de leur époque? Cela seul, réconciliant texte et geste, dans le dialogue entre historiens et littéraires, peut rendre à la poésie tous ses sens. SOMMAIRE Introduction générale Corinne Legoy et Alain Vaillant La poésie dans la cité Introduction Corinne Legoy Poésie et pratiques sociales Les usages de la poésie dans les processions en France au xviii e siècle :formes et débats Gael Rideau Poésies et fêtes impériales. L’exemple du couronnement de Napoléon Jacques-Olivier Boudon Les vers latins dans les fêtes de collèges Romain Jalabert Pratiques judiciaires de la poésie : la défense en vers au xix e siècle Anne-Emmanuelle Demartini Les socialistes français et La Marseillaise, de 1879 à 1914 Eric Nadaud « C’est toujours la même chose, et cela m’amuse toujours ».Répétition et imitation dans la chanson de café-concert Élisabeth Pillet Une arme de contestation La Chanson en Révolution Sophie-Anne Leterrier Chanson et identité ouvrière en France (1817-1849) Philippe Darriulat Politique et héritages dans la chanson de 1848 Romain Bénini Modernité littéraire et clôture poétique. Le cas de la poésie résistante Benoît Denis « Poésie collective et happening urbain : la Nuit de la poésie 1970 (Montréal) » Pascal Brissette Voies / Voix de traverse Introduction Serge Linarès Poésie à dire et à entendre Page, pierre, voix : une poésie multi-supports à l’aube du xix e siècle Hugues Marchal « On veut de nouveaux sons » : poésie et oralité à l’orée du xx e siècle en France Serge Linarès Poésie & medium : effets et enseignements du « sonore » Jean-Pierre Bobillot Essai de slamologie. L’exemple de Grand Corps Malade [GCM] Camille Vorger Approches du rap en français comme forme poétique Emmanuelle Carinos et Karim Hammou Poésie à voir Expérimentations manuscrites : lettres, albums et livres d’or Denis Saint-Amand Par-delà les frontières du codex :nouveaux espaces du livre poétique (dans le sillage mallarméen) Patrick Suter Poésie et art contemporain : performances, dispositifs plastiques et effets visuels Magali Nachtergael Poésies dans, et hors le numérique Alexandra Saemmer La poésie animée : concrètement de la poésie Philippe Bootz La poésie à l’ère médiatique Introduction Stéphane Hirschi et Alexandra Saemmer Poésie, chanson et musiques La poésie hors la poésie Vincent Vivès La récitation poétique à l’épreuve du cabaret Marine Wisniewski Chanson et musicologie : L’exemple de Léo Ferré Pascal Pistone Diction et chanson : la poésie hors de ses gonds Jean-Pierre Zubiate « Le Temps d’une chanson » : une poétique de l’enregistrement ? Stéphane Hirschi Tautégorie – de la chanson Peter Szendy Poésie et médias Le journal du XIX e siècle, creuset de l’invention poétique Alain Vaillant La chanson fin-de-siècle en revue : versiculets, chansons bas, images Evanghélia Stead Le cinéma, « seul successeur possible » du livre poétique dans les années 1910 et 1920 ? Nadja Cohen Poésie et radio au xx e siècle. Repères et enjeux Pierre-Marie Héron Poésie et télévision : la rencontre rêvée Céline Pardo Bibliographie générale Présentation des auteurs [1] La thèse est désormais publiée: voir Céline Pardo, La Poésie hors du livre (1945-1965): le poème à l’ère de la radio et du disque , Paris, Presses universitaires Paris-Sorbonne, 2015. [2] Voir Jean-Yves Mollier, L’Argent et les lettres. Histoire du capitalisme d’édition (1880-1920) , Paris, Fayard, 1988. [3] Sur l’hégémonie de la presse au xix e siècle, voir Dominique Kalifa, Philippe Régnier, Marie-Ève Thérenty et Alain Vaillant, La Civilisation du journal , Paris, Nouveau-Monde éditions, 2012. [4] Stéphane Mallarmé, Crise de vers , in Bertrand Marchal (éd.), Œuvres complètes, t.2, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 2003, p.212. [5] Sur la poésie orale, l’ouvrage de référence reste: Paul Zumthor, Introduction à la poésie orale , Paris, Seuil, «Poétique», 1983. [6] Sur la relation complexe de Mallarmé à la presse, voir notamment: Pascal Durand, Mallarmé. Du sens des formes au sens des formalités , Paris, Seuil, 2008; Patrick Suter, Le Journal et les lettres. 1–De la presse à l’œuvre , Genève, Metispresses, 2010. [7] Cité par Stéphane Vachon, «Honoré de Balzac a inventé la modernité», in Roland Le Huenen et Andrew Oliver (dir.), Paratextes balzaciens. La Comédie humaine en ses marges , Toronto, Centre d’études du xix e siècle Joseph Sablé, 2007, p.213. [8] Sur cette vocation démocratique du roman, voir Nelly Wolf, Le Roman de la démocratie , Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2003. [9] Sur la notion de paratopie littéraire, voir Dominique Maingueneau, Le Discours littéraire. Paratopie et scène d’énonciation , Paris, Colin, «U», 2004. [10] « Pour une définition de la poésie comme phénomène social au xix e siècle », Romantisme , vol.13, n°39, 1983. [11] « L’étude de la poésie, telle qu’elle vient d’être ébauchée, ignore donc délibérément, au moins au point de départ, le problème du contenu », op. cit. , p.95. [12] Voir Jacques Guilhaumou, « Corpus et co-texte : les catégories descriptives sont-elles ou non d’ordre textuel ? », in Pierre Achard, Max-Peter Gruenais, Dolors Jaulin (dir.), Histoire et linguistique , Paris, éd. de la Maison des Sciences de l’Homme, 1984. [13] Selon la formule de José-Luis Diaz et Alain Vaillant dans leur introduction au n°143 de Romantisme , consacré à « Histoire culturelle/Histoire littéraire », 2009-1. [14] Avant l’ouvrage d’Ivan Jablonka, L'histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales , Paris, Le Seuil, 2014, il faut citer ce numéro 2009-1 de Romantisme sur « Histoire culturelle/histoire littéraire », le numéro 165 du Débat , « L’histoire saisie par la fiction », mai-août 2011, ou le numéro des Annales de mars-avril 2010 : « Les savoirs de la littérature ». [15] Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard, L’Historien et la littérature , Paris, La Découverte, 2010. [16] Dans son article «L’imprimé, le texte et l’historien: vieilles questions, nouvelles réponses?», dans Romantisme , n°143, op.cit . [17] « Le vertige des foisonnements ». Esquisse panoramique d’une histoire sans nom », Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine , 1992/1 (n°39-1). [18] Voir en particulier Isabelle Luciani, « La poésie comme pratique sociale (xvi e -début xvii e siècles) », Raisons Pratiques , n°14, 2004. [19] Laura Mason, Singing the French Revolution. Popular Culture and Politics, 1787-1799 , Ithaca-Londres, Cornell University Press, 1996. [20] Respectivement dans : La Muse du peuple. Chansons politiques et sociales en France, 1815-1871 , Rennes, PUR, 2011, et dans : Béranger. Des chansons pour un peuple citoyen , Rennes, PUR, 2013. [21] Le roman populaire français (1789-1914). Idéologies et pratiques , Limoges, PULIM, 1994, p.18. [22] Piron, La Métromanie, comédie, représentée pour la première fois par les Comédiens Français le 10 janvier 1738 , Paris, Duchesne, 1738. [23] Sur ce cliché, nous renvoyons – parmi une foule d’exemples – à l’article « Le poète » d’Émile de la Bédollière, dans Les Français peints par eux-mêmes , Paris, Omnibus, 2003, p.661 et suiv. [24] Émile Carré, Chansons militaires choisies : recueil de chansons, chansonnettes et scènes comiques , Paris, Huré, 1865. [25] Voir Hervé Mazurel, «La poésie dans la construction d’une histoire culturelle du voyage. Autour du Pélerinage de Childe Harold de Lord Byron », in Sociétés et Représentations , 2006/1 (n°21). [26] À titre d’exploration partielle de cette présence de la poésie dans les pratiques de la France du premier xix e siècle, voir Corinne Legoy, « Le siècle de la métromanie. Usages sociaux et politiques de la poésie dans la France de la Restauration », in Romantisme , 2008/2, n°140.

G. Haroche-Bouzinac, La vie mouvementée d'Henriette Campan

jeu, 11/23/2017 - 08:06
La vie mouvementée d'Henriette Campan Geneviève Haroche-Bouzinac Date de parution : 27/09/2017 Editeur : Flammarion ISBN : 978-2-08-129051-8 EAN : 9782081290518 Nb. de pages : 601 p. Henriette Campan aura eu tant de vies... Et pourtant, une femme unique guide les lignes de cette passionnante biographie. Son parcours est d'une grande modernité: par nécessité économique, la jeune femme devient lectrice à la cour de France, avant d'entrer au service particulier de la reine Marie-Antoinette. Son père, chef du bureau de traduction aux Affaires étrangères, lui a donné le goût des idées nouvelles, convaincu de la nécessité de réformer un régime exsangue. Henriette Campan parle plusieurs langues, vénère les livres et les auteurs. Un bel esprit qui, au fil des épreuves, lui permet de résister à la fatalité des destins propres aux femmes de son temps. A Versailles, sa vie bascule. Cette observatrice discrète est aux premières loges pour consigner dans ses carnets la matière de ses futurs Mémoires. Contre toute attente, la liberté lui vient avec la Révolution. À quarante ans, sans argent, éprouvée par les violences dont elle a été témoin, Henriette Campan ouvre un pensionnat, véritable laboratoire où elle crée sa méthode d'éducation, en offrant aux filles de larges pans de la connaissance jusque-là réservés aux garçons. Mais, si l'Empereur la nomme à la tête de la Maison de la Légion d'Honneur, il s'oppose à sa volonté de former une élite féminine, pendant de l'élite masculine qu'il est en train de fonder. Fruit d'une longue enquête à travers des archives inédites en France et aux Etats-Unis, cette biographie éclaire d'un jour nouveau le parcours d'Henriette Campan ; elle apparaît ici maîtresse de sa vie, entreprenante, inventive, à l'image de sa devise : "Les talents sont la vraie richesse." Geneviève Haroche-Bouzinac, professeure à l'université d'Orléans, a écrit de nombreux ouvrages. Sa biographie de Louise Elisabeth Vigée Le Brun a reçu le prix Chateaubriand (2011) et aux Etats-Unis le Mellor Book Prize (2012).

Épistémocritique ( Romantisme )

jeu, 11/23/2017 - 07:24
É pistémocritique Numéro de Romantisme coordonné par G. Séginger,2019/1 Si les échanges entre science et littérature sont anciens, au tournant entre le XVIII e siècle et le XIX e siècle un contexte scientifique et culturel nouveau (sur lequel pèse de moins en moins le poids de la religion), la promotion de nouvelles sciences dans le domaine de l’histoire de la terre et du vivant (qui recourent au récit et aux spéculations pour mettre en forme leurs connaissances), puis une promotion des savants grâce à la Révolution et la multiplication des institutions et des lieux de sociabilité communs donnent une impulsion nouvelle à l’échange entre la littérature et les savoirs. La littérature elle-même devient un objet d’étude: une critique et une histoire de la littérature se développent, prenant en compte son historicité et son rapport au milieu et au contexte culturel, tandis que l’historiographie s’intéresse de plus en plus au rôle historique des idées, des représentations et des savoirs qui participent à la transformation des mentalités et ont un rôle dans le cours de l’histoire. Ainsi la littérature en vient parfois à être considérée comme l’agent d’une transformation historique: elle agit par les représentations, les savoirs, la sensibilité qu’elle diffuse. Se développe alors une conscience de l’historicité des savoirs et des représentations, de la complexité de leur genèse, de leur action socio-culturelle, voire politique. Au xx e siècle, le développement d’une histoire des idées crée un continuum entre la science et la culture, tandis que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre le partage des «deux cultures» (C. P. Snow en 1959) même parmi les scientifiques (voir les livres de Jean-Marc Levy-Leblond) ou les philosophes des sciences (Vincent Jullien, Sciences, agents doubles en 2002). Quelques travaux commencent même à paraître à partir des années 1970 sur le rôle de l’imagination et de la culture dans l’invention scientifique, tantôt écrits par de scientifiques comme le physicien Gérald Holton ( L’imagination scientifique. É tude de cas , 1978), tantôt par des littéraires comme Fernand Halluy (spécialiste de poésie baroque) qui publie en 2004 Les structures rhétoriques de la science de Kepler à Maxwell . Dans les années 1920 à 1960, les travaux d’Alexandre Koyré sur les changements de «schémas structurels» dans les conceptions du monde, qu’il désigne aussi comme des «révolutions» selon une conception discontinuiste de l’histoire générale des représentations, développent aussi l’idée d’une culture globale. L’archéologie des savoirs pratiquée dans les années 1970-1980 par Michel Foucault reprend l’idée de révolutions épistémologiques pour montrer comment se mettent en place de nouvelles structures du savoir communes à l’ensemble des disciplines mais aussi à la culture, comment s’inventent de nouveaux objets communs (la vie et l’organisation interne des êtres vivants par exemple au xix e siècle), comment s’élaborent des régularités discursives qui traversent des champs de la connaissance et de la pensée différents. Les travaux de Bakhtine sur le dialogisme (traduits en français en 1970), sans faire du rapport entre savoir et littérature leur objet d’étude, postulent néanmoins l’existence d’un «acte culturel créateur», ce qui permet de rapprocher «l’acte cognitif» et «l’acte artistique» et de fonder une idée du texte plus dynamique, dont l’écriture provient de la rencontre et de la fusion d’énoncés et de voix diverses. C’est dans ce contexte où se multiplient des théories du texte, du dialogisme, où l’histoire des idées se transforme, où émergent les idées de révolutions épistémologiques et de régularités discursives par-delà les frontières disciplinaires, et où surtout le rôle de la littérature et de la culture est réévalué dans un ensemble, que se formulent dans les années 1990 les questionnements propres à l’ épistémocritique (Michel Pierssens emploie pour la première fois le terme dans Savoirs à l’œuvre ). Forte de tout un arrière-plan théorique, l’épistémocritique s’affirme contre l’approche simpliste des savoirs dans le texte littéraire: il ne s’agit plus de faire une critique des sources, un repérage de connaissances scientifiques mais d’expliquer la réécriture littéraire de savoirs qui ne sont d’ailleurs pas toujours eux-mêmes des connaissances scientifiques de première main. La notion de «savoir» – bien théorisée depuis Michel Foucault – renvoient plus largement à des formations discursives qui n’entretiennent parfois que des relations très indirectes et lointaines avec la science, ou qui d’autres fois se sont formées avant ou en marge des sciences. L’épistémocritique, qui affirme donc nettement sa dimension critique, s’attache à l’étude de la réécriture des savoirs, à l’étude des procédés et des effets divers (esthétiques, épistémiques, idéologiques), qui peuvent relever aussi bien de la poétique du récit que de la stylistique (en particulier les métaphores), de l’étude des genres. Elle se montre attentive aux processus de condensation et d’hybridation qui transforment les savoirs soit pour les convertir en fiction, en figures, en péripéties, en images poétiques, soit pour les intégrer à de nouvelles structures de signification, à des discours différents, à des représentations du monde, à une analyse du social, à une réécriture de l’histoire… Ce numéro de Romantisme se donne pour objet une méthode critique – l’épistémocritique – et il proposera des articles qui aborderont d’une part des questionnements propres au xix e siècle qui ont contribué par la suite à la genèse de l’épistémocritique, et d’autre part, des articles qui préciseront ce que l'épistémocritique a apporté à l'étude du XIX e siècle (mise au jour de nouveaux corpus, renouvellement des approches, rapports avec l’histoire des sciences…). Ce numéro permettra donc d’affiner la définition de cette orientation critique, de ses méthodes, de ses objectifs et de faire un bilan de ses apports majeurs à la connaissance du long xix e siècle (le tournant entre les Lumières et le romantisme ayant son importance). Les propositions (avec un résumé d’une vingtaine de lignes) sont à adresser à Gisèle Ségingeravant le 30 mars 2018: seginger.gisele@msh-paris.fr

A.-E. Demartini, Violette Nozière, la fleur du mal - Une histoire des années trente

jeu, 11/23/2017 - 06:46
Violette Nozière, la fleur du mal - Une histoire des années trente Anne-Emmanuelle Demartini Date de parution : 07/09/2017 Editeur : Champ Vallon Collection : Epoques ISBN : 979-10-267-0608-3 EAN : 9791026706083 Nb. de pages : 391 p. Un soir d'été de l'année 1933, à Paris, une famille ordinaire bascule dans le drame : Violette Nozière, âgée de 18 ans, empoisonne ses parents et entre, avec son col de fourrure noire et son béret incliné, dans l'histoire des grandes affaires criminelles. Lorsqu'elle passe aux aveux, la jeune fille accuse son père de relations incestueuses. Parricide, inceste, poison : le fait divers sensationnel, modelé par les médias du temps, a tout d'une tragédie moderne. L'enquête tient en haleine une opinion que ce crime hors-norme promène dans le logis ouvrier, sur les trottoirs de la capitale, parmi les femmes vénéneuses et les parents indignes, les étudiants corrompus, les "métèques" et les élites "pourries". L'affaire interroge les relations entre pères et filles, entre parents et enfants, entre hommes et femmes. Violette devient la "fleur du mal", sombre icône de l'émancipation féminine et du conflit de générations dans une France en crise. Elle est condamnée à mort avant d'être graciée et finalement réhabilitée. Explorant les représentations, les passions et les questions soulevées par le crime, retraçant l'itinéraire exceptionnel d'une femme, ce livre offre une lecture entièrement neuve d'un crime resté célèbre. Surtout, il propose une manière de faire de l'histoire avec une affaire judiciaire. Forme d'histoire totale consistant à étudier de façon approfondie un petit objet et à le déplier dans toutes ses dimensions pour lire une société, la micro-histoire révèle ici, avec une efficacité inédite, l'imaginaire social et ses dynamiques. * On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage : "Balance ton père", par Ph. Artières .

K. White, Lettres aux derniers lettrés. Concernant les possibilités d'une littérature vraiment mondiale

jeu, 11/23/2017 - 06:34
Lettres aux derniers lettrés - Concernant les possibilités d'une littérature vraiment mondiale Kenneth White Date de parution : 22/08/2017 Editeur : Isolato (Editions) ISBN : 978-2-35448-043-1 EAN : 9782354480431 Nb. de pages : 129 p. Huit essais percutants qui constituent un livre d'une grande ampleur et d'une rare densité. Basés sur une analyse radicale du contexte culturel et intellectuel contemporain, ces essais explorent la notion de " littérature mondiale " lancée par Goethe au xixe siècle, notion que White prolonge et approfondit à son tour, en se concentrant, fondamentalement, sur le concept même de " monde ". Que l'on ne voie pas dans le titre de ce livre la moindre lamentation. Seulement la perception lucide que les lettrés de haut vol sont devenus rares, et le seront encore plus dans l'avenir. C'est pourtant chez eux que se poursuivra et se maintiendra la vraie vie de l'esprit. * On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage : "K. White, la poésie-monde", par A. Roussel.

R. Desanti, Lire Bourdieu, de l'usine à la fac, histoire d'une "révélation"

jeu, 11/23/2017 - 06:24
Desanti Raphaël, Lire Bourdieu, de l'usine à la fac, histoire d'une "révélation" , Éditions du Croquant, avec la préface de Gérard Mauger. Octobre - novembre 2017, collection "Hors collection", 2017. EAN13 : 9782365121385. Le livre de Raphaël Desanti se présente comme un récit de vie jalonné d’expériences marquantes et ordonné en séquences chronologiques qui l’ont conduit du Lycée d’Enseignement Professionnel (LEP) à l’usine, de l’autodidaxie à l’université, d’emplois précaires au travail social, de la lecture acharnée de l’œuvre de Pierre Bourdieu à l’animation de la «liste Champs» qui était consacrée au sociologue. Mais, c’est surtout une question souvent posée et restée sans réponse que soulève ce livre : quels sont les effets de la lecture sur le lecteur? Dans le cas présent, quels sont les effets qu’a eus sur Desanti la lecture, a priori improbable, de Bourdieu ? «Pour moi, écrivait Bourdieu, la sociologie a joué le rôle d’une socio-analyse qui m’a aidé à comprendre et à supporter des choses (à commencer par moi-même) que je trouvais insupportable auparavant». Elle permet, en effet, de déplacer les causes d’un malheur que tout incite à s’attribuer à soi-même vers des causes sociales occultées. La compréhension sociologique a permis à l’auteur de se dédouaner de laresponsabilité personnelle de son échec scolaire initial. Elle l’a aidé aussi à faire face au «mal être» qu’engendrent les situations de déclassement. C’est de ce cheminement très personnel que ce livre rend compte.