Parution de « Contemporanéités de Gertrude Stein - Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein aujourd'hui »

Sous la direction de Jean-François Chassay et Éric Giraud, avec des textes de Jean-François Chassay, Éric Giraud, Daniel Grenier, Marjorie Perloff, Isabelle Alfandary, Christophe Marchand-Kiss, Jacques Roubaud, Steven Meyer, Joan Retallack, Jean-François Côté, Adam Frank, Marc Guastavino et Lianne Moyes

Présentation de l'éditeur

Parmi les écrivains associés à ce vaste aréopage qu’on nomme la Modernité, Gertrude Stein est sans doute une de celles, sinon celle, qui résiste encore le plus, aujourd’hui, aux lectures convenues. Marquée par une poétique intransigeante, volontairement en marge de toutes formes de stéréotypes littéraires, l’œuvre de Stein, sans concession, rend parfois perplexe les lecteurs peu habitués à sortir des sentiers battus. Rares sont les œuvres qui divisent encore à ce point les littéraires. De plus, personnage flamboyant, attisant les haines aussi bien qu’elle attirait les fidèles, elle aura eu son premier succès public à soixante ans avec un livre, Autobiogaphie d’Alice Toklas, qui, aussi remarquable soit-il, provoqua un malentendu en ce qu’il reste encore le plus accessible de cette oeuvre protéiforme.
Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein, aujourd’hui? Comment expliquer la fascination, la passion, aussi bien que l’incompréhension qu’elle peut encore provoquer? Ce livre, issu d’un colloque qui a eu lieu à Montréal en septembre 2008, vise justement à faire le point sur cette œuvre grâce à l’apport d’une foule de spécialistes en provenance de France, des États-Unis, du Québec aussi bien que du Canada anglais. Les textes abordent l’abstraction et la complexité de ce travail, les difficultés et les enjeux de sa traduction, sa logique poétique et langagière, les influences qui s’y dessinent, et des sujets encore peu abordés comme le rapport de Stein à la judaïté ou à la politique.
Il s’agit d’une somme importante qui permet de faire le point à travers des regards multiples, à défaut d’une lecture totalisante à laquelle l’œuvre ne peut que se refuser, de toute manière.

Gertrude Stein (1874-1946)

Née à Alleghany (Pennsylvanie) dans une famille d’émigrants juifs allemands, Gertrude Stein a passé son enfance en Californie (Oakland), puis a suivi les cours de psychologie de William James à Radcliffe College (Harvard) avant de commencer des études de médecine à l’université John Hopkins qu’elle interrompt en 1901. Immigrant en France en 1904, détachée du territoire de sa langue maternelle, coupée de sa matrice culturelle et linguistique, elle se détache également de la langue de son territoire d’expatriation, le français, en ne lisant et n’écrivant presque exclusivement que dans un anglais qu’elle se réapproprie de façon singulière. Le domicile de Gertrude Stein et de sa compagne Alice Toklas, le 27 rue de Fleurus et son importante collection d’art, devient le salon de l’avant-garde américaine et européenne. L’œuvre moderniste de Gertrude Stein expérimente de façon inédite le langage et une multiplicité de genres : prose, poésie, autobiographie, essai, portrait verbal et théâtre.