Gertrude Stein

Picasso développe entre 1935 et 1959 une oeuvre comprenant quatre cents poèmes et trois pièces de théâtre. Stein évoque la préhistoire de cette écriture en 1933 dans l'Autobiographie d'Alice Toklas. Elle décrit plus avant ces écrits en 1938 dans un livre écrit directement en français et ayant pour titre Picasso . Son sujet y est élevé au rang de génie de la peinture, mais son écriture y est condamnée sans mesure, sa valeur étant réduite à celle d'une calligraphie.

La disponibilité récente des écrits de Picasso permet de s'attarder sur son activité d'écriture. On y découvre alors des préoccupations parfois étrangement proche de celle de Stein. On remarque notamment que les deux auteurs ont une conscience profonde de l'aspect syntaxique de la langue à une époque ou leurs contemporains se préoccupent essentiellement de lexiques.

On peut alors remettre en perspective le jugement de la dame de lettre, et proposer un dialogue entre deux corpus qui peuvent s'éclairer mutuellement.